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Et il bénit Joseph, et dit : « Que le Dieu devant la face duquel ont marché mes pères, Abraham et Isaac, le Dieu qui a été mon berger depuis que je suis jusqu’à ce jour, l’Ange qui m’a délivré de tout mal, bénisse ces jeunes hommes ; et qu'ils soient appelés de mon nom et du nom de mes pères, Abraham et Isaac, et qu’ils se croissent pour être une multitude au milieu du pays » (Genèse 48:15-16).
Il nous est difficile de comprendre les sentiments de Jacob lorsque Joseph et ses deux fils se tenaient devant lui. Tant d’années s’étaient écoulées depuis que les frères de Joseph avaient apporté à leur père sa tunique bigarrée tachée de sang, prétendant que Joseph avait été tué. Le mensonge avait persisté jusqu’à leur retour d’Égypte, où ils ont annoncé à leur père que Joseph était non seulement vivant, mais qu’il était le sauveur d’une grande nation, et ils lui ont parlé de la gloire de son fils. Lorsque Joseph avait révélé à sa famille son second songe, Jacob l'avait réprimandé : « Qu'est-ce que ce songe que tu as songé ? Est-ce que moi, et ta mère, et tes frères, nous viendrons nous prosterner en terre devant toi ? » Mais nous apprenons ensuite que « son père se souvint de ces paroles » (Genèse 37:9‑11). Dieu a accompli les songes de Joseph, et Jacob a exprimé sa gratitude : « Je n'avais pas pensé voir ton visage ; et voici, Dieu m'a fait voir aussi ta semence ! »
Jacob avait trompé son père et privé son frère de sa bénédiction. Mais à Béthel, Dieu s'était révélé comme le Berger qui guiderait Jacob tout au long de sa longue vie. Puis, à Penuel, Dieu l'a bénit généreusement et lui a donné un nouveau nom : Israël. La grâce glorieuse de Dieu avait transformé Jacob, homme égoïste et trompeur, en un « Prince auprès de Dieu ».
Joseph se prosterne avec respect devant son père et place ses fils devant lui pour qu'ils soient bénis, en commençant par l'aîné, Manassé. Israël « étendit sa main droite, et la posa sur la tête d’Éphraïm, or il était le plus jeune, et sa main gauche sur celle de Manassé, plaçant ainsi ses mains à dessein ». Dieu a conduit Jacob à bénir le plus jeune avant l’aîné. Tout au long de la Genèse, ce principe se retrouve : Abel est placé au-dessus de Caïn, Isaac au-dessus d’Ismaël, Jacob au-dessus d’Ésaü. Dieu oppose l’homme spirituel à l’homme charnel. L’un est guidé par la volonté de Dieu, l’autre par sa raison humaine. Jacob était charnel, mais par la grâce de Dieu, il est devenu l’homme le plus spirituel. Il relate cette histoire de grâce dans la bénédiction de son fils et de ses petits-fils : « Dieu qui a été mon berger depuis que je suis jusqu’à ce jour, l’Ange qui m’a délivré de tout mal ».
Joseph était surpris par le geste de Jacob et a tenté de le corriger, mais son père connaissait la volonté de Dieu. La vie de Jacob illustre d’abord le modèle d’une existence gouvernée par la raison humaine et ses conséquences. Par la grâce rédemptrice, il illustre ensuite le modèle de vie vécue sous la protection pastorale de Dieu. Nous avons tous en nous la nature charnelle et nous connaissons son pouvoir. Dieu veut que nous vivions par l'Esprit, que nous triomphions de cette nature charnelle et que nous manifestions notre vie en Christ. C'est un combat constant où notre foi est mise à l'épreuve. À la fin de sa vie, Jacob avait le cœur et l'esprit tournés vers le Dieu qui était son Berger. Il ne s'appuyait plus sur sa ruse ni sur ses stratagèmes ; il s'appuyait sur Dieu et il est devenu une bénédiction pour beaucoup. Sa vie est une leçon pour nous tous.
« Marchez par l'Esprit, et vous n'accomplirez point la convoitise de la chair » (Galates 5:16).
Gordon D Kell
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