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Et Ruben leur répondit, disant : « Ne vous avais-je pas parlé, disant : “Ne péchez pas contre l’enfant” ? Mais vous n’avez pas écouté ; et aussi, voici son sang est redemandé ». Et ils ne savaient pas que Joseph comprenait, car il y avait entre eux un interprète. Et il se détourna d'auprès d'eux, et pleura (Genèse 42:22-24).
Les chapitres 42 à 44 de la Genèse nous éclairent sur les sentiments de Joseph envers ses frères. Joseph régnait sur l’Égypte lorsque Jacob y envoya ses fils acheter du blé. Il a gardé Benjamin, le frère de Joseph, auprès de lui pour le protéger. Il ne voulait pas perdre son plus jeune fils. A l'accomplissement des songes de Joseph au début de son histoire, ses frères « vinrent, et se prosternèrent devant lui, la face contre terre ». Ils ne reconnaissaient pas l’éminent souverain Égyptien devant lequel ils s’agenouillaient, mais lui, il les reconnaissait. Joseph aurait pu se présenter immédiatement à ses frères, les embrasser avec amour et leur révéler le salut de Dieu. Au lieu de cela, il les entraîne dans un profond cheminement spirituel marqué par la prise de conscience, la culpabilité, la conviction, le repentir, la réconciliation et la bénédiction. Pour ce faire, Joseph commence par prendre ses distances avec ses frères, les accusant d'être des espions. Ils se défendent humblement mais avec vigueur, se présentant comme des hommes honnêtes, fils d'un même père. Ils expliquent que leur jeune frère est resté à la maison et qu'un autre frère est décédé.
Mais Joseph soutenait qu'ils étaient des espions ; et ils devaient prouver leur innocence en restant prisonniers en Égypte, tandis que l'un d'eux rentrerait chez eux pour revenir avec Benjamin. Au bout de trois jours, Joseph a autorisé tous les frères à rentrer, sauf un, afin de s'assurer qu'ils reviendraient avec leur plus jeune frère et ils auraient ainsi la vie sauve.
Le traitement que Joseph leur réserve éveille la conscience de ses frères : « Certainement nous sommes coupables à l'égard de notre frère ; car nous avons vu la détresse de son âme quand il nous demandait grâce, et nous ne l'avons pas écouté ; c'est pourquoi cette détresse est venue sur nous ». Joseph leur avait rappelé le jour où, ignorant ses supplications, ils l'avaient vendu comme esclave. Ils avaient ensuite dissimulé leur faute. Ruben, leur rappelant ses paroles « Ne péchez pas contre l'enfant », n'a fait qu'aggraver leur culpabilité, mais ils n'avaient pas écouté et, désormais, leur sang retombait sur eux. Ils ne reconnaissaient que Joseph, qui leur parlait par l'intermédiaire d'un interprète, comprenait tout ce qu'ils disaient. Lorsque leur culpabilité les a frappés de plein fouet, Joseph s'est détourné et pleurait en silence. Il se souvenait vivement de la douleur de ce jour-là et il a versé des larmes silencieuses d'amour pendant que commençait le processus de réconciliation et de bénédiction.
Mais ils avaient encore beaucoup à apprendre. Ruben, l'aîné, avait tenté de sauver Joseph. Joseph, juste, ne l'a pas condamné ; au contraire, Siméon, le frère suivant dans la famille, était enchaîné et emprisonné comme garant de leur retour. Ils sont rentrés chez eux, humiliés et conscients de leur péché. En même temps, Joseph leur témoigne sa bénédiction en leur rendant l'argent qu'ils avaient payé pour le grain. La grâce est toujours présente. Ils rentrent chez eux, le cœur rongé par une question : « Qu’est-ce que Dieu nous a fait ? »
Les frères de Joseph n’étaient pas des hommes honnêtes ; ils avaient vendu Joseph en secret comme esclave, avaient menti à leur père et avaient gardé ce secret pendant des années. Mais à présent, la grâce de Dieu agissait à travers Joseph. Il révélait leur culpabilité, mais leur permettait aussi de comprendre son expérience de l’isolement, de l’injustice, de l’esclavage et de l’emprisonnement ; ce qu’il lui avait coûté, sous la main de Dieu, pour devenir leur Sauveur. Les larmes silencieuses de Joseph exprimaient l’amour d’un cœur miséricordieux qui allait rapprocher ses frères éloignés et les bénir. Il préfigure l’amour souffrant et la grâce incomparable de notre Sauveur.
Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ (Éphésiens 2:13).
Gordon D Kell
145, Avenue du commerce, quartier Tshinsambi, commune de Kananga (Kasaï-Central, RD Congo)
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