33ème COMMUNAUTE EVANGELIQUE REGION SANKURU

33ème C.E.R.S

B.P. 1673 KANANGA

"Sur ce roc je bâtirai mon assemblée,..." Matthieu 16v18

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Jamais homme ne parla comme cet homme

Jean 7:46

Ce sont des huissiers – nom donné aux gardes du temple dans les Evangiles - qui ont prononcé ces mots. En ont-ils mesuré l’étendue ? Ils les ont exprimés pour répliquer aux principaux sacrificateurs et aux pharisiens qui voulaient arrêter Jésus, à la suite d’une dispute de la foule au sujet de son identité. La foule était en effet partagée entre plusieurs avis : Jésus estil le prophète ? ou même le Christ ? Mais il vient de Galilée ! Ne devait-il pas venir plutôt de la bourgade de Bethléhem ? Questions sans réponse au sein de la foule divisée, dont certains veulent l’arrêter, sans oser le faire toutefois. Les huissiers, qui avaient été envoyés pour arrêter le Seigneur, s’en retournent vers les principaux sacrificateurs et les pharisiens. Ceux-ci leur reprochent de ne pas avoir amené Jésus. C’est alors que ces huissiers avancent cet argument de poids : « Jamais homme ne parla comme cet homme ».

La portée de cette affirmation dépasse certainement ce que ses auteurs pensaient exprimer. Avaient-ils personnellement décelé le caractère exceptionnel des paroles de Jésus, ou répétaient-ils simplement ce qui se disait autour d’eux ? Le croyant, qui possède aujourd’hui l’ensemble de la révélation divine, adhère de cœur à cette assertion. Nous nous proposons de relever dans l’évangile de Jean quelques-unes de ces paroles incomparables de Jésus. Quelquefois inattendus, quelquefois plus communs, ces mots touchaient la conscience ou le cœur, accompagnaient un miracle, transformaient la situation en apportant une solution divine.

Remarquons tout d’abord que, fondamentalement, les paroles que notre Seigneur a prononcées ne pouvaient avoir qu’un caractère spécial. La raison en est simple : Jésus est à la fois Dieu et homme. Le début de l’évangile de Jean présente le Fils de Dieu comme étant la Parole même : « Au commencement était la Parole, et la Parole était auprès de Dieu, et la Parole était Dieu » (Jean 1:1). Ce verset établit l’existence éternelle de Dieu le Fils, personne divine, distincte du Père. Puis le verset 14 proclame son incarnation  : « Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous ». Dieu le Créateur revêt la forme humaine, pour s’approcher de l’homme au plus près, et pour « donner sa vie en rançon pour plusieurs » (voir Marc 10:45). Les paroles de Jésus vont donc porter ce caractère unique d’être d’origine divine, tout en étant profondément humaines, car qui connaît mieux la créature que le Créateur ?

La première parole que nous allons considérer se trouve au chapitre 4, lors de l’entretien du Seigneur avec la femme samaritaine. Jésus s’est assis, lassé du chemin, sur la margelle de la fontaine de Jacob. Une femme vient pour puiser de l’eau. Un entretien s’engage, au cours duquel le Seigneur amène la femme à découvrir la valeur d’une autre eau, celle de la vie éternelle que Jésus pouvait lui donner. Soudain, le Seigneur lui demande : « Va, appelle ton mari ». « Je n’ai pas de mari », répond la femme. Jésus acquiesce : « Tu as bien dit : je n’ai pas de mari, car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela, tu as dit vrai » (v.17 et 18). L’omniscience du Seigneur transparaît dans ces mots. Ils sondent profondément cette femme dont la vie n’a été qu’une succession d’échecs sentimentaux. Lorsqu’un peu plus tard, elle s’en va à la rencontre des Samaritains de la ville, elle décrit son interlocuteur comme quelqu’un qui lui a dit tout ce qu’elle a fait. En effet, Jésus avait su résumer toute sa triste vie par une seule déclaration adressée à sa conscience.

Au chapitre 5, Jésus se rend au réservoir de Béthesda, où des infirmes guettent l’instant où un ange agitera l’eau du bassin, afin de s’y précipiter : seul le premier arrivé sera guéri. Pour les plus impotents, la guérison était quasiment improbable, comme pour cet homme alité là depuis trente-huit ans. Situation désespérée bien propre à émouvoir le Sauveur qui lui adresse une parole à première vue incongrue : « Lève-toi, prends ton petit lit, et marche » (v.8). Comment en effet réagir à ces ordres, tous trois hors de la portée d’un infirme ? C’est que le Seigneur éprouve la foi. Peu de mots lui suffisent pour la tester. Dans son sens général, cette scène dépeint l’incapacité de l’homme à répondre aux exigences de la loi. Seule la foi au Sauveur délivre le pécheur. Ici, l’homme obéit… et bénéficie d’une guérison instantanée : « Et aussitôt l'homme fut guéri, et il prit son petit lit, et marcha » (v. 9).

Le chapitre 6 montre les disciples traversant, de nuit, une mer démontée. Jésus n’est pas dans la barque. Quand soudain il s’approche d’elle, marchant sur la mer, les disciples sont saisis de peur. Qui donc peut marcher sur les eaux ? Ils entendent alors la voix connue : « C’est moi, n’ayez point de peur » (v.20). La simple révélation de son identité, accompagnée de mots d’apaisement, suffit à rassurer les disciples inquiets : « Ils étaient donc tout disposés à le recevoir dans la nacelle ; et aussitôt la nacelle prit terre au lieu où ils allaient » (v.21). Au croyant qui traverse l’adversité du monde, symbolisée par la mer en furie, le Seigneur adresse des paroles réconfortantes, et qu’y a-t-il de plus rassurant que la présence du Seigneur dans les difficultés ?

Le chapitre 8 mentionne une femme commettant adultère et prise sur le fait. La loi de Moïse commandant de lapider de telles femmes, les pharisiens en tirent prétexte pour tendre un piège au Seigneur, venu apporter la grâce et la vérité (Jean 1:17) : si Jésus donne son assentiment à la lapidation, où serait la grâce ? S’il s’y oppose, ne serait-ce pas transgresser la loi, manquer à la vérité? Le Seigneur leur répond : « Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle » (v.8). Quelle parole pénétrante ! Tous se retirent, depuis le plus âgé jusqu’au plus jeune, atteints dans leur conscience. Jésus est laissé en présence de la femme, et lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, - dorénavant ne pèche plus » (v.11). Dans cette courte réplique, la grâce et la vérité sont réunies, la grâce qui pardonne, la vérité qui redresse.

Ce même chapitre 8 rapporte un discours de Jésus à l’adresse des Juifs qui se réclamaient d’Abraham leur ancêtre : « Nous sommes la postérité d’Abraham » (v. 33), « Abraham est notre père » (v. 39). Jésus conteste immédiatement ces propos en leur montrant que leur intention de le mettre à mort était tout le contraire d’une « œuvre d’Abraham » (v. 39 et 40). Le Seigneur leur enjoignait plutôt d’écouter Sa parole, afin de ne pas passer eux-mêmes par la mort : « En vérité, en vérité, je vous dis : si quelqu’un garde ma parole, il ne mourra point, à jamais » (v.51). A quoi les Juifs rétorquent qu’Abraham même a passé par la mort, ajoutant : « Estu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? » (v.53). Jésus dévoile davantage : « Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour ; et il l’a vu, et il s’est réjoui » (v. 56). Devant l’étonnement des Juifs à situer Abraham et Jésus dans la même époque, le Seigneur répond seulement : « Avant qu’Abraham fût, je suis ». C’est le témoignage de la divinité de Jésus. JE SUIS est le nom qui exprime l’existence éternelle du Fils, message essentiel qui ne rencontre chez les Juifs que de la haine : ils s’apprêtent à le lapider. Lui-même leur échappe, précisément par son pouvoir divin.

Dans cet évangile, le ministère du Seigneur est ponctué par des déclarations péremptoires de son identité. Ce sont les « Je suis… » bien connus, énoncés en sept groupements successifs : « Je suis… le pain de vie (6:35:48), la lumière du monde (8:12 ; 9:5), la porte (10:7:9), le bon berger (10:11:14), la résurrection et la vie (11:25), le chemin, la vérité, et la vie (14:6) , le vrai cep (15:1) ».

Au centre de ces déclarations, « Je suis le bon berger » semble se détacher comme un titre bien touchant pour les êtres que nous sommes par nature. Egarés, impuissants, haïssables, nous avions besoin de compassions et de secours, que seul le divin Berger peut apporter. Il se nomme le bon berger, par ce fait sublime qu’il laisse sa vie, ce qui est la preuve suprême de l’amour. « Le bon berger met sa vie pour les brebis » (v. 11). « Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis » (15:13). Il ajoute alors : « J’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre ; j’ai reçu ce commandement de mon Père » (v.18). Quel autre que Lui sait disposer ainsi de sa vie, pouvant décider de mourir, et tout autant de ressusciter ? Si sa divinité toute puissante transparaît dans cette affirmation de son pouvoir, l’humanité dépendante qu’il a revêtue jaillit dans la manière dont il entend exercer ce pouvoir en pleine obéissance à son Père.

Le bon berger prend avantageusement la place occupée jusqu’ici par l’homme à gages. Celui-ci n’assurait pas la sécurité du troupeau, puisqu’il laissait les brebis et s’enfuyait à l’approche du loup (v. 13). Le bon berger, lui, laisse sa vie (v. 18), met sa vie pour les brebis (v. 15). L’homme à gages n’était pas le propriétaire du troupeau, tandis que le bon berger s’est acquis toutes les brebis, au prix de sa vie. Contraste saisissant ! Et la suite du passage montre que les brebis ont gagné davantage encore. Appelées à écouter la voix du berger et à le suivre, elles ont reçu la vie éternelle, et ne périront jamais. Les dangers restent là : n’est-il pas écrit que le diable, comme un lion rugissant, rode autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer (1 Pi. 5:8) ? Mais le Seigneur les garantit à jamais contre la perte de la vie éternelle, par cette affirmation : « Personne ne les ravira de ma main » (v. 28). Chaque brebis est comme tenue individuellement par la main toute-puissante du Sauveur, et par celle du Père, au verset suivant. Cette parole du Seigneur éloigne efficacement le doute quant au salut, doute qui naît quelquefois dans l’âme d’un croyant qui écouterait la voix de l’Ennemi.

Au chapitre 11, la mort frappe au cœur d’une famille chère au Seigneur Jésus : « Or Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare » (v. 5). Ayant en vue la gloire de Dieu (v. 4 et 40), sous la forme d’une démonstration frappante de puissance divine, en résurrection, Jésus a laissé la mort faire son œuvre en Lazare, atteint par la maladie. Ce récit poignant nous fait entendre les réflexions des deux sœurs en deuil, les larmes des affligés, auxquelles se mêlent les pleurs du Seigneur lui-même, puis nous transporte au sépulcre où gît le cadavre, depuis quatre jours déjà (v.17 et 39). Combien la mort, qui « a passé à tous les hommes » (Romains 5:12), est terrible ! Mais ici se trouve, dans la personne du Fils de Dieu, la résurrection et la vie ! (v.25). Jésus s’adresse à son Père, lui rend grâce pour le témoignage qu’il va lui rendre par ce qu’il va faire dans l’instant qui suit : « Et ayant dit ces choses, il cria à haute voix : Lazare, sors dehors ! Et le mort sortit, ayant les pieds et les mains liés de bandes ; et son visage était enveloppé d’un suaire » (v.43 et 44). Adresser un tel ordre à un mort, sans même le relever par la main, comme pour la jeune fille ressuscitée en Marc 5:41, sans même le débarrasser des entraves, témoigne d’une puissance glorieuse toute divine. Cette résurrection conduira les chefs religieux, inquiets du retentissement de ce miracle, à préparer la mise à mort de Jésus (v.53).

Laissant les chapitres 14 à 16, qui contiennent pourtant des propos bien remarquables de Jésus à l’adresse des disciples, laissant également le chapitre 17 où le Fils s’adresse à son Père, nous arrivons au chapitre 18. Le Seigneur se fait arrêter, est conduit au souverain sacrificateur, puis à Pilate, le gouverneur romain. L’une des accusations que l’on porte contre Jésus, et qui est parvenue à la connaissance du gouverneur, concerne la royauté à laquelle est destiné le Seigneur de gloire. Cette prétention alerte Pilate, chargé de faire régner l’ordre dans le royaume d’Hérode, le roi en exercice. Il pose donc directement la question au Seigneur : « Toi, tu es le roi des Juifs » (v.33) ? « Mon royaume n’est pas de ce monde » (v.36), est la réponse étonnante du Seigneur. Il ne remet pas en question son titre de roi, mais en précise un caractère spécial. Un royaume est en principe établi sur un territoire délimité sur cette terre. Le royaume de notre Seigneur est d’origine céleste, et sera établi ultérieurement en raison de son rejet : « … maintenant mon royaume n’est pas d’ici ». Plus tard seulement, après une période de jugements, la terre tout entière sera soumise au « Roi des rois, au Seigneur des seigneurs » (Apoc. 19:16). Pilate ne sait pas entrer dans ces choses, et en reste à sa question initiale, posée maintenant comme une confirmation qu’il attend pour avancer dans le procès : « Tu es donc roi ? » (v.37). Procès qui tourne court par le refus de Pilate de s’intéresser à la vérité (v.38). Pilate représente ici l’homme dans les ténèbres qui ne comprend pas la lumière (voir Jean 1:5). Les paroles du Sauveur sont obscures pour l’homme qui se détourne de la vérité.

Condamné à mort, victime de la pire injustice que l’homme aura commise, le Seigneur est crucifié, « et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu » (19:18). Le fils de l’homme est élevé de la terre, rejeté par sa créature, mais se sacrifiant dans le but inverse, celui d’attirer tous les hommes à lui-même. Voir Jean 3:14 et 15, et 12:32. Car sur la croix, durant les trois heures de ténèbres, Jésus « a porté nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pi. 2:24). A la fin des trois heures, dans la certitude que les exigences de Dieu à l’endroit de l’expiation étaient satisfaites, Jésus a prononcé ces mots d’une portée immense : « C’est accompli » (19:30). Combien d’œuvres inachevées auront marqué l’histoire de l’homme. Nous bénissons le Sauveur de ce qu’il a achevé l’œuvre majeure de toute l’histoire, celle qui sauve le pécheur. Au sein des œuvres divines, elle occupe le rang le plus élevé, comme nous l’apprend le Psaume 111. Nous lisons en effet au verset 2 : « Les œuvres de l’Eternel sont grandes », puis au verset 3 : «  Son œuvre est glorieuse et magnifique », allusion magnifique à l’œuvre de la croix ! Cette parole : « C’est accompli » appartient à cet ensemble de propos que Jésus seul pouvait prononcer. Ils sont en effet en rapport avec la rédemption, une œuvre impossible à réaliser par l’homme, comme l’annonçaient autrefois les fils de Coré : « Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon. (Car précieux est le rachat de leur âme, et il faut qu'il y renonce à jamais) » (Psaume 49:7 et 8).

« C’est accompli. » L’œuvre de grâce est faite.
De la victoire enfin monte le cri.
Celui qui meurt ayant baissé la tête A triomphé.
C’est accompli.
Cantique 211, strophe 1

Le Seigneur n’est pas resté dans le sépulcre. Ressuscité le troisième jour, il se tient devant les disciples réunis dans la chambre haute, et les salue par ces mots : « Paix vous soit ! » (20:19). Salutation bénie ! Il avait déjà déclaré à ses disciples, au chapitre 14, verset 27 : « Je vous laisse la paix ». Maintenant que l’œuvre est achevée, le Sauveur apporte la paix de la conscience aux disciples qui sont au bénéfice de l’œuvre expiatoire. Jésus a « fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1:20). La paix de l’âme est un état bienheureux qui accompagne le fait d’être justifié par l’œuvre de Christ. Ici, elle est communiquée par l’Auteur même de notre salut présent et éternel. Puissions-nous apprécier davantage la paix intérieure qui est nôtre par grâce !

La scène se déroule au soir du premier jour de la semaine. Quel privilège avons-nous de nous réunir autour de lui, chaque dimanche, selon Sa promesse : « Là où deux ou trois sont assemblés à mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matth. 18:20). Dans ce monde, que de réunions houleuses ! Dans le rassemblement autour de Lui, Il vient avec ces mots bienfaisants : Paix vous soit !

Cette paix nous est également communiquée pour l’exercice du service qui nous est confié, selon le verset 20 : « Jésus donc leur dit encore : Paix vous soit ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Méditons cette salutation sublime, qui scelle le salut de l’âme, rassérène les croyants réunis et les encourage dans leur service.

L’évangile de Jean s’achève par la restauration publique du disciple Pierre. Il avait tristement renié son maître, en avait immédiatement conçu un amer regret (Luc 22:62), mais le Seigneur plein de grâce l’avait rencontré après sa résurrection (voir 1 Cor 15,5, où l’apôtre Paul rapporte que le Christ ressuscité « a été vu de Céphas »). Une restauration publique était toutefois nécessaire, pour installer Pierre dans sa mission de pastorat dont il s’acquittera avec application, comme en témoignent ses deux épîtres. A cette fin, le Seigneur sonde les dispositions intérieures de son disciple par ces mots trois fois répétés : « Simon, fils de Jonas, m’aimestu ? (Jean 21:15, 16, 17). Pierre avait affirmé que la mort même ne lui faisait pas peur : « Je laisserai ma vie pour toi ! » (Jean 13:37). En parlant ainsi, il s’était indirectement vanté de l’amour qu’il portait à Jésus. Alors, celui qui sonde le cœur pose la question sensible : m’aimes-tu ? En lisant l’entretien, on assiste au travail de la conscience chez le disciple, et au témoignage de la grâce chez notre Seigneur. A la troisième occurrence de la question, Pierre ne peut que s’en remettre à l’appréciation de Jésus : « Seigneur, tu connais toutes choses, tu sais que je t’aime » (v.17). La question du Seigneur a atteint le but recherché : extirper du cœur de Pierre toute prétention. C’est alors un apôtre pleinement restauré qui paîtra les agneaux et les brebis du troupeau du bon berger. Au soir de sa vie, ayant apprécié pour lui-même l’amour du Seigneur qui l’aura soutenu durant tout son ministère, il peut même se permettre d’exhorter les bien-aimés à l’amour : « y apportant tout empressement, joignez… à la piété, l’affection fraternelle ; et à l’affection fraternelle, l’amour » (2 Pi. 1:5-7).

Nous avons souligné quelques-unes des paroles prononcées par notre Seigneur. Bien d’autres pourraient être considérées, car toutes sont signées de la perfection divine de celui qui avait la langue des savants (Es. 50:4), celui dont la pensée n’allait pas au-delà de la parole (Psaume 17:3). Point de sous-entendu dans les paroles du Seigneur, lui qui est la vérité (Jean 14:6) ! Ses paroles étaient toujours adaptées à la situation et au but poursuivi par le Seigneur… encore faut-il que l’homme soit disposé à écouter.

La méditation des propos de Jésus occupe d’une manière heureuse le cœur du croyant, car il apprend ainsi à mieux connaître la personne du Seigneur. En effet, à la question incrédule des pharisiens : « Toi, qui estu ? », Jésus a répondu : « Absolument ce qu’aussi je vous dis » (Jean 8:25). Chez lui plus que chez tout homme, les propos témoignaient de ce qu’il était véritablement. Écouter la voix du bon berger restera toujours le devoir de la brebis. On aime à rappeler l’attitude de Marie de Béthanie, « qui aussi, s’étant assise aux pieds de Jésus, écoutait sa parole » (Luc 10:39).

Méditer les paroles de Jésus nous instruit aussi quant à notre propre manière de parler. Sans prétendre vouloir nous exprimer comme Lui, spécialement lorsqu’il a parlé avec son autorité divine, nous avons à surveiller notre langage, « mettre une garde à l’entrée de nos lèvres », selon la prière de David au Psaume 141, verset 3, et appliquer les nombreuses exhortations des épîtres à ce sujet. Parler « la vérité chacun à son prochain » (Eph. 4:25), veiller à ce que la parole que nous exprimons soit « toujours dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel » (Col. 4:6) . L’apôtre Jacques développe le sujet de l’usage que nous faisons de notre langue, un « petit membre » capable « de grandes choses » (Jacques 3:5). Dans la présentation de la Parole de Dieu comme dans l’annonce de l’Evangile, il convient de veiller au langage utilisé.

Au fond, le langage est l’un des moyens mis à la disposition du croyant, par lequel il nous est donné de ressembler quelque peu au Modèle parfait. Il s’affine dans la recherche de la communion avec Lui, cette part précieuse et privilégiée qui est donnée à l’Église de vivre avec son Seigneur. N’est-il pas touchant, à la fin du Saint Livre, de voir l’Église se mettre au diapason de la pensée du Seigneur ? Par deux fois, Jésus a déjà mentionné son prochain retour : « Je viens bientôt » (Apoc. 22:7 et 12).

Un dialogue est ensuite rapporté. Les paroles qu’il contient ne sont plus adressées aux hommes, comme celles que nous avons considérées ensemble dans ces réflexions. C’est un échange plus intime. « Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens » (Apoc. 22:17). L’Epoux répond par une nouvelle confirmation. « Celui qui rend témoignage de ces choses dit : Oui, je viens bientôt », réponse suivie de l’écho fervent de l’Epouse  : « Amen, viens, seigneur Jésus ! » (v.20).

Etienne Hoonakker

145, Avenue du commerce, quartier Tshinsambi, commune de Kananga (Kasaï-Central, RD Congo)

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