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Écoles du dimanche
À cause d’un manque de place, j’ai dû clore ma dernière lettre sans même mentionner l’école du dimanche. Il faut pourtant que je consacre quelques pages à cet aspect du travail qui occupe depuis trente ans une très grande place dans mon cœur. Je considérerais cette série de lettres comme incomplète si je n’abordais pas ce sujet.
On pourrait se demander jusqu’à quel point l’école du dimanche peut être considérée comme faisant partie intégrante de l’évangélisation. C’est pourtant essentiellement sous ce jour que je la considère. J’estime que c’est une partie importante et très intéressante de l’œuvre de l’Évangile. Ceux qui s’occupent de l’école du dimanche sont des ouvriers dans le grand champ de l’Évangile, au même titre que l’évangéliste ou le prédicateur de l’Évangile.
Je suis bien conscient qu’une école du dimanche diffère matériellement d’une prédication ordinaire de l’Évangile. Elle n’est pas convoquée de la même manière, ni conduite de la même façon. Celui qui tient une école du dimanche joue à la fois, pour ainsi dire, le rôle de parent, de professeur et d’évangéliste. À ce moment-là, il prend la place des parents, il cherche à faire le travail d’un professeur, mais il vise le but inestimable d’un évangéliste : le salut de l’âme des chers petits qui lui sont confiés. En ce qui concerne sa manière d’arriver à son but, les détails de son travail et les moyens qu’il peut utiliser, il est seul responsable.
Je suis bien conscient que l’on fait objection à l’école du dimanche, en disant qu’elle a tendance à empiéter sur l’instruction donnée par les parents. Je ne vois pas la moindre force à cet argument. Le vrai but de l’école du dimanche n’est pas de supplanter l’éducation des parents, mais de la soutenir là où elle existe, et de la remplacer là où elle n’existe pas. Il y a, comme nous le savons très bien, des centaines de milliers de chers enfants qui ne reçoivent aucune instruction de leurs parents. Des milliers n’ont pas de parents du tout, et des milliers d’autres ont des parents qui sont pires que de ne pas en avoir. Regardez ces multitudes qui hantent les cours, les allées et les rues de nos grandes villes, qui mènent une existence qui semble à peine supérieure à celle d’un animal, et beaucoup d’entre eux sont comme de petits démons incarnés.
Qui peut penser à toutes ces précieuses âmes sans souhaiter de tout cœur bon courage à tous les véritables moniteurs d’école du dimanche et sans désirer ardemment qu’il y ait plus de zèle et d’énergie dans ce travail béni ?
Je dis véritables moniteurs parce que je crains que beaucoup ne s’engagent dans ce travail sans être ni sérieux, ni vrais, ni capables. Beaucoup, je le crains, l’entreprennent comme un travail religieux à la mode, convenant aux membres les plus jeunes des communautés religieuses. Beaucoup aussi, le considèrent comme une sorte de contrepartie à leur semaine de satisfactions égoïstes, de frivolités, de mondanité. De telles personnes sont une véritable entrave plutôt qu’une aide dans ce saint service.
D’autre part, il y a aussi des personnes qui aiment sincèrement le Seigneur, et désirent Le servir dans le travail de l’école du dimanche, mais qui ne sont pas réellement qualifiées pour le faire. Elles manquent de tact, d’énergie, d’ordre ou d’autorité. Elles n’ont pas la faculté de s’adapter aux enfants, et de gagner leurs jeunes cœurs, ce qui est essentiel pour un moniteur d’école du dimanche.
C’est une grande erreur de penser que quiconque se tient « sur la place du marché à ne rien faire » (Matt. 20:3), est apte à entrer dans ce travail particulier. Au contraire, il faut être entièrement préparé par Dieu pour cela. Et si on demande : « Comment serons-nous pourvus en ouvriers qualifiés pour cette branche de l’évangélisation ? » Je réponds : « de la même manière que dans n’importe quel autre domaine de ce travail : par la prière sincère, persévérante, confiante ».
Je suis absolument persuadé que si les chrétiens étaient plus exercés par l’Esprit de Dieu pour ressentir l’importance de l’école du dimanche, si seulement ils pouvaient se rendre compte que, tout comme le dépôt de traités et la prédication de l’Évangile, c’est une partie de l’œuvre glorieuse à laquelle nous sommes appelés à collaborer dans ces derniers jours de l’histoire de la Chrétienté, s’ils étaient davantage imprégnés de la pensée que l’école du dimanche a une nature et un but évangélique, ils seraient plus zélés, plus sérieux dans leurs prières, dans le particulier aussi bien qu’en assemblée, pour demander au Seigneur qu’Il suscite au milieu de nous plusieurs ouvriers zélés, dévoués et engagés de tout leur cœur dans le travail de l’école du dimanche.
C’est là ce qui nous manque ; que Dieu dans sa grâce abondante y pourvoie ! Il le peut, et certainement Il le veut. Mais alors, on s’attendra à Lui et on Le recherchera ; et « Il est le rémunérateur de ceux qui Le recherchent » (Héb. 11:6). Je pense que nous avons beaucoup de sujets de reconnaissance et de louanges pour ce qui a été fait dans le domaine de l’école du dimanche ces dernières années. Je me souviens de l’époque où nos frères semblaient négliger entièrement cette partie du travail. Encore maintenant beaucoup la traitent avec indifférence, affaiblissant les mains et décourageant les cœurs de ceux qui y sont engagés.
Mais je ne veux pas m’attarder à cela, mon sujet est l’école du dimanche et non pas ceux qui la négligent ou s’y opposent. Je bénis Dieu pour les encouragements que je vois. J’ai souvent été extrêmement réjoui et rafraîchi en voyant quelques-uns de nos plus vieux frères se lever à la fin du culte pour arranger les bancs sur lesquels les chers petits allaient s’asseoir pour écouter la belle histoire de l’amour du Sauveur. Et qu’est-ce qui peut être plus beau, plus touchant ou plus approprié, pour ceux qui viennent de se souvenir de l’amour de notre Sauveur mourant, que de chercher, ne serait-ce que par l’arrangement des bancs, à réaliser Ses paroles vivantes : « Laissez venir à moi les petits enfants ? » (Matt. 19:14)
J’aurais bien des choses à ajouter, quant à la façon de conduire une école du dimanche ; mais peut-être est-il aussi bien que chaque ouvrier soit entièrement rejeté sur le Dieu vivant pour recevoir aide et conseil dans les détails. Nous devons toujours nous souvenir, que l’école du dimanche, comme le dépôt de traités et la prédication de l’Évangile, est un travail dont la responsabilité est individuelle. C’est un point important, et là où il est pleinement compris, là où le cœur est vraiment sérieux et l’œil simple, je crois qu’il n’y aura pas de grande difficulté quant à la manière de travailler. Un cœur large et le ferme dessein de poursuivre la grande œuvre et de remplir la glorieuse mission qui nous a été confiée nous délivreront réellement de l’influence desséchante des humeurs et des préjugés, misérables obstacles à « toutes les choses qui sont aimables, toutes les choses qui sont de bonne renommée » (Phil. 4:8).
Que Dieu verse Sa bénédiction sur toutes les écoles du dimanche, sur les enfants, et ceux qui s’en occupent ! Qu’Il bénisse aussi tous ceux qui sont engagés de quelque manière que ce soit dans l’instruction des jeunes ! Qu’Il réjouisse et rafraîchisse leur esprit en leur donnant de récolter plusieurs gerbes d’or là où ils sont placés dans le grand et glorieux champ de l’Évangile !
Croyez-moi toujours, cher A—, votre profondément attaché...
Charles Henry Mackintosh
145, Avenue du commerce, quartier Tshinsambi, commune de Kananga (Kasaï-Central, RD Congo)
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