33ème COMMUNAUTE EVANGELIQUE REGION SANKURU

33ème C.E.R.S

B.P. 1673 KANANGA

"Sur ce roc je bâtirai mon assemblée,..." Matthieu 16v18

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Lettres à un Évangéliste
Lettre 4

Prière

En vous écrivant ma première lettre, je ne pensais pas allonger la série jusqu’à la quatrième. De toute façon, le sujet m’intéresse beaucoup, et il y a encore deux ou trois points sur lesquels j’aimerais m’entretenir brièvement avec vous.

D’abord, je ressens profondément le manque d’esprit de prière dans notre travail d’évangéliste. J’ai traité du travail de l’Esprit, de la place que doit avoir la Parole de Dieu ; mais je suis frappé de voir notre carence en ce qui concerne la prière sincère, persévérante et confiante. C’est le vrai secret de la puissance. Les apôtres déclaraient : « Et, pour nous, nous persévérerons dans la prière et dans le service de la Parole » (Actes 6:4).

L’ordre biblique c’est d’abord la prière, puis le service de la Parole. La prière apporte la puissance de Dieu, et c’est ce dont nous avons besoin. Ce n’est pas la puissance de l’éloquence, mais la puissance de Dieu qui ne peut être obtenue qu’en s’attendant à Lui. « Il donne de la force à celui qui est las, et il augmente l’énergie à celui qui n’a pas de vigueur. Les jeunes gens seront las et se fatigueront, et les jeunes hommes deviendront chancelants : mais ceux qui s’attendent à l’Éternel renouvelleront leurs forces ; ils s’élèveront avec des ailes, comme des aigles ; ils courront et ne se fatigueront pas ; ils marcheront et ne se lasseront pas » (Ésaïe 40:29-31).

Dans le service, nous agissons de façon beaucoup trop mécanique, si je puis m’exprimer ainsi. Il y a beaucoup trop de ce que j’appellerais de la routine. J’ai bien peur que plusieurs d’entre nous soient davantage sur leurs jambes que sur leurs genoux ; plus souvent dans un wagon de chemin de fer que dans leur chambre ; davantage sur le chemin que dans le sanctuaire ; davantage devant les hommes que devant Dieu. Cela ne pourra donner de bons résultats. Si nous ne nous attendons pas à Dieu, il est impossible que notre prédication soit revêtue de puissance et couronnée de fruits. Considérez notre Maître Lui-même, le parfait Serviteur. Voyez comme on Le trouve souvent en prière. À Son baptême, au moment de la transfiguration, avant de choisir et d’envoyer Ses disciples, bref, nous Le trouvons encore et toujours en prière. Une fois Il se lève bien avant le jour pour s’adonner à la prière ; à un autre moment Il passe toute la nuit à prier, parce qu’Il passait la journée à travailler.

Quel exemple pour nous ! Puissions-nous le suivre ! Puissions-nous apprendre un peu mieux ce que c’est que de souffrir en prière. Combien peu nous connaissons cela ! Je parle pour moi. Il me semble quelquefois que nous sommes tellement pris par nos engagements à prêcher que nous n’avons plus de temps pour la prière, pas de temps pour la méditation, pas de temps pour être seul avec Dieu. Nous entrons dans une sorte de tourbillon de travail public ; nous nous précipitons de lieu en lieu, de réunion en réunion, et notre âme n’ayant pas été en prière, est stérile. Pouvons-nous nous étonner du peu de résultat que nous obtenons ? Comment y en aurait-il alors que nous négligeons de nous attendre à Dieu ? Nous ne pouvons pas convertir les âmes, Dieu seul le peut ; et si nous avançons sans nous attendre à Lui, si nous permettons au service public de supplanter la prière personnelle, nous pouvons être assurés que notre prédication sera stérile, inutile. Nous devons réellement nous adonner à la prière si nous voulons voir du fruit produit par le ministère de la Parole.

Ce n’est pas tout. Non seulement nous négligeons la sainte et précieuse pratique de la prière dans le privé, mais même dans nos réunions de prières publiques nous manquons à cet égard. La grande œuvre de l’évangélisation n’y est pas suffisamment rappelée. On ne la présente pas devant Dieu d’une manière précise, sérieuse et persévérante. Le sujet peut être mentionné occasionnellement, d’une manière superficielle et formelle, et puis il est mis de côté. Il y a, en général, un grand manque de sérieux et de persévérance dans nos réunions de prières, pas seulement en ce qui concerne l’évangélisation, mais aussi pour les autres sujets : il y a souvent beaucoup de formalisme et de faiblesse. Nous ne donnons pas l’impression de prendre les choses à cœur ; nous n’avons guère l’esprit de la veuve de Luc 18, qui fléchit le juge inique par la simple puissance de son importunité. Nous semblons oublier que Dieu veut qu’on s’adresse à Lui, et qu’Il est le rémunérateur de ceux qui Le recherchent diligemment.

Cela ne sert à rien de dire : « Dieu peut agir sans que nous Le priions sincèrement ; Il accomplira Ses desseins et rassemblera les Siens ». Nous savons tous cela, mais aussi que Celui qui a choisi la fin, a choisi les moyens. Si nous manquons dans notre service Il prendra d’autres ouvriers. Le travail sera accompli, cela ne fait aucun doute, mais nous perdrons la dignité, le privilège et la récompense de notre service. Cela nous est-il égal ? N’est-ce rien pour nous d’être privés du doux privilège d’être collaborateurs de Dieu, d’avoir communion avec Lui dans l’œuvre bénie qu’Il poursuit ? Qu’il est triste que nous l’apprécions si peu ! Et pourtant y a-t-il quelque chose qui nous le fasse davantage goûter que la prière sincère en commun ? Chaque croyant peut s’y joindre, tous peuvent y participer par un chaleureux « amen ». Tous ne sont peut-être pas prédicateurs, mais tous peuvent prier, se joindre à la prière en pleine communion.

Et ne trouvez-vous pas, cher frère, qu’il y a toujours de profondes et réelles bénédictions lorsque l’assemblée se rencontre pour prier de tout cœur pour l’Évangile et pour le salut des âmes ? Je l’ai toujours constaté. C’est chaque fois une source d’indicible réconfort, de joie et d’encouragement de voir l’assemblée poussée à prier, car alors je suis sûr que Dieu bénira abondamment. Quand les choses se passeront ainsi, que cet excellent esprit animera toute l’assemblée, vous pouvez être certain qu’il n’y aura pas de difficultés pour ce qu’on appelle : « la responsabilité de la prédication ». Peu importe alors qui fera le travail, pourvu qu’il soit fait aussi bien que possible. Si l’assemblée s’attend à Dieu, en ferventes intercessions pour l’avancement de l’œuvre, la question de savoir qui prêchera ne se posera pas, pourvu que Christ soit prêché et que des âmes soient bénies.

Une autre chose m’a beaucoup préoccupé ces derniers temps, c’est notre manière de faire avec les jeunes convertis. Il est certain qu’il faut énormément de soins et de précautions, sinon nous risquons de prendre pour une action de l’Esprit de Dieu ce qui ne l’est pas. Il y a là un grand danger. L’ennemi cherche toujours à introduire de mauvais matériaux dans l’assemblée, afin de pouvoir ruiner le témoignage et amener du discrédit sur la vérité de Dieu.

Tout cela est absolument vrai, et demande beaucoup de discernement. Mais ne vous semble-t-il pas que c’est souvent dans le sens contraire que nous errons ? Ne décourageons-nous pas souvent les jeunes convertis par une attitude raide et incompréhensible à leurs yeux ? N’y a-t-il pas souvent dans notre pensée et notre comportement quelque chose qui repousse ? Nous nous attendons à ce que les jeunes chrétiens soient parvenus à un niveau d’intelligence spirituelle qu’il nous a fallu des années pour atteindre. Et plus encore. Quelquefois nous les faisons passer par une sorte d’examen qui ne fait que les tourmenter et les rendre perplexes.

Ce n’est assurément pas bon. Jamais l’Esprit de Dieu ne voudrait troubler, plonger dans la perplexité ou repousser une chère âme anxieuse qui cherche à s’enquérir. Il n’est jamais selon la pensée ou le cœur de Christ de remplir de désespoir le plus faible agneau du troupeau qu’Il a acheté par Son sang. Il voudrait que nous cherchions à les amener avec douceur et tendresse, à les apaiser, à les nourrir et à les chérir, selon tout l’amour de Son propre cœur. Il est très important de nous mettre nous-mêmes de côté et d’être prêt à discerner et à apprécier l’Œuvre de Dieu dans une âme plutôt que de la gâcher en plaçant nos misérables humeurs comme pierres d’achoppement sur son sentier. Nous avons besoin de la direction et du secours divins en cela comme en toute autre partie de notre travail. Mais, Dieu soit béni, Il est suffisant pour cela comme pour tout le reste. Attendons-nous à Lui, attachons-nous à Lui et puisons dans Ses immenses richesses pour chaque cas qui se présentera à nous, pour les besoins de chaque instant. Il ne décevra jamais un cœur qui s’attend à Lui avec confiance et dépendance.

Il faut maintenant que je termine cette série de lettres. Je pense que j’ai traité la plupart, sinon tous les sujets auxquels je pensais. Vous n’oublierez pas, j’espère, bien-aimé dans le Seigneur, que, dans toutes ces lettres, j’ai simplement jeté mes pensées sur le papier le plus librement possible, et avec toute l’intimité d’une vraie amitié fraternelle. Je n’ai pas écrit un traité formel, mais épanché mon cœur à un ami bien-aimé, à un compagnon d’œuvre. Tous ceux qui pourraient lire ces lettres doivent garder cela à l’esprit.

Que Dieu vous bénisse et vous garde. Qu’Il couronne votre travail de Sa plus riche et meilleure bénédiction ! Qu’Il vous garde de toute œuvre du diable, et vous préserve jusque dans Son propre royaume éternel.

Croyez-moi, mon très cher A—, votre profondément attaché...

Charles Henry Mackintosh

145, Avenue du commerce, quartier Tshinsambi, commune de Kananga (Kasaï-Central, RD Congo)

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