33ème COMMUNAUTE EVANGELIQUE REGION SANKURU

33ème C.E.R.S

B.P. 1673 KANANGA

"Sur ce roc je bâtirai mon assemblée,..." Matthieu 16v18

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Lettres à un Évangéliste
Lettre 2

Le Saint-Esprit

Il y a, en relation avec notre sujet, une chose qui m’a beaucoup occupé. C’est l’immense importance qu’il y a à cultiver une foi sincère dans la présence et sous l’action du Saint Esprit. Nous avons besoin de nous rappeler à tout moment que nous ne pouvons rien et que c’est Dieu le Saint Esprit qui peut tout. Dans l’œuvre de l’évangélisation, comme dans toute autre œuvre, il est bien vrai que ce n’est « Ni par force ni par puissance, mais par mon Esprit, dit l’Éternel des armées » (Zacharie 4:6). Si ce sentiment demeure en nous, nous serons gardés dans l’humilité, et aussi dans un sentiment d’heureuse confiance. Dans l’humilité parce que nous ne pouvons rien faire ; plein d’heureuse confiance, parce que Dieu peut tout. De plus, cela aura pour effet de nous garder sobres et paisibles dans notre travail, non pas froids et indifférents, mais calmes et sérieux, ce qui est une chose très importante à l’heure actuelle. J’ai été très frappé par une remarque faite récemment par un serviteur âgé, dans une lettre adressée à quelqu’un qui venait d’entrer dans le champ : « L’excitation », dit l’auteur, « n’est pas l’effet de la puissance, mais de la faiblesse. Le sérieux et l’énergie sont de Dieu ».

C’est très vrai et très précieux. Mais je pense que les deux phrases ne doivent pas être séparées. Si nous devions choisir entre les deux, je pense que vous et moi, préférerions la deuxième ; pour la bonne raison que beaucoup de personnes, je le crains, regarderaient comme de l’« excitation » ce que vous et moi considérerions réellement comme de la « ferveur et de l’énergie ». J’avoue que j’attache de la valeur au profond sérieux dans le travail. Je ne vois pas comment un homme qui réalise dans quelque mesure la solennité de l’éternité et l’état de tous ceux qui meurent dans leurs péchés, pourrait ne pas être profondément et entièrement sérieux. Comment serait-il possible à quelqu’un de penser à une âme immortelle se tenant sur le bord de l’enfer, et en danger d’y être précipitée à tout moment, sans être sérieux et fervent ?

Mais ce n’est pas cela l’excitation. Ce que j’entends par excitation, c’est l’activité de la vieille nature, la stimulation de la chair qui agit sur les sentiments naturels, une exaltation qui ne relève que des sentiments. Tout cela est sans valeur et éphémère. Et de plus, c’est une source de faiblesse supplémentaire. Nous ne trouvons jamais rien de semblable dans le ministère de notre Seigneur, ni dans celui de Ses apôtres ; et pourtant quelle ferveur, quelle énergie inlassable, quelle tendresse n’y trouvons-nous pas ! Une ferveur, une énergie qui s’accordait à peine un moment de repos ou de rafraîchissement ; une tendresse qui pouvait pleurer sur les pécheurs sans repentance. Nous voyons tout cela, mais pas d’excitation. En un mot, tout était le fruit de l’Esprit éternel, tout était pour la gloire de Dieu, marqué par le calme et la solennité qui conviennent à la présence de Dieu, et par une profonde ferveur montrant que le sérieux de l’état de l’homme était pleinement ressenti.

Eh bien ! cher frère, c’est précisément ce dont nous avons besoin, et ce que nous devrions cultiver diligemment. C’est une grande grâce que d’être gardé de toute excitation provenant de la vieille nature et, en même temps, d’être dûment pénétré de la grandeur et de la solennité du travail. Ainsi, l’esprit sera gardé dans un juste équilibre, et nous serons préservés de la tendance à être occupés de notre travail, simplement parce que c’est le nôtre. Et nous nous réjouirons de ce que Christ est magnifié, et que des âmes sont sauvées, quel que soit l’instrument utilisé.

Récemment, j’ai beaucoup repensé à l’époque mémorable, il y a dix ans, quand l’Esprit de Dieu travaillait si merveilleusement dans le nord de l’Irlande. J’ai appris de précieux enseignements par ce que j’ai vu à ce moment-là. Ceux qui ont eu le privilège d’être les témoins de la grande vague de bénédiction qui a déferlé sur cette région, n’oublieront jamais cette époque. Si je m’y réfère maintenant, c’est en relation avec le sujet de l’action de l’Esprit. Il est bien certain que le Saint Esprit a été attristé et que son action a été entravée pendant cette année 1859, par l’action de l’homme. Vous vous souvenez comment ce travail a commencé ; vous vous souvenez de la petite école au bord de la route, où deux ou trois hommes se rencontraient, semaine après semaine, pour répandre leur cœur en prière devant Dieu, pour qu’Il veuille intervenir au milieu de la mort et des ténèbres qui régnaient tout autour d’eux ; pour qu’Il ravive Son travail, et qu’Il envoie Sa lumière et Sa vérité avec la puissance de convertir les âmes. Vous savez comment ces prières ont été entendues et exaucées. Vous et moi avons eu le privilège d’assister à ces scènes de réveil et je suis certain que le souvenir de ces choses est encore frais à votre mémoire, comme il l’est pour moi aujourd’hui.

Quel était le caractère particulier de ce travail à son début ? N’était-ce pas manifestement un travail de l’Esprit de Dieu ? N’a-t-Il pas pris et utilisé les instruments les moins capables, les plus dépourvus,

à vue humaine, pour l’accomplissement de Son dessein de grâce ? Quelles sortes de gens ont été principalement utilisés pour la conversion des âmes ? N’étaient-ils pas, pour la plupart, « illettrés et du commun » (Actes 4:13)? Et, de plus, tout arrangement humain et toute routine officielle avait fermement été mis de côté. Des ouvriers vinrent de l’usine, des champs et de l’atelier, pour adresser un message à des foules. Nous avons vu des centaines de personnes suspendues aux lèvres d’hommes qui ne pouvaient pas dire cinq mots sans faute de grammaire. En résumé, une vague puissante de vie et de puissance spirituelle déferla sur nous, balayant à ce moment-là quantité de conventions et refusant toute autorité humaine dans les choses de Dieu et le service de Christ.

Dans la mesure où le Saint Esprit était reconnu et honoré, la merveilleuse œuvre progressait. Et, d’autre part, dans la mesure où l’homme animé d’un sentiment d’importance s’agitait en intervenant dans le domaine de l’Esprit éternel, le travail était entravé et étouffé. J’ai vu l’illustration de cela dans d’innombrables cas. Un effort important était fait pour obtenir que l’eau vive coule par les canaux officiels et sectaires, mais le Saint Esprit ne le ratifiait pas. De plus, en plusieurs endroits se manifestait un vif désir de tirer un profit sectaire de ce mouvement béni, et cela contristait le Saint Esprit.

Ce n’était pas tout. On mit sur un piédestal le travail et les ouvriers. Les conversions jugées

« frappantes » furent claironnées partout et mises en évidence dans les journaux. Voyageurs et touristes de toutes provenances allèrent rendre visite à ces personnes, notèrent leurs paroles et leurs actes, et en portèrent le compte rendu jusqu’aux extrémités de la terre. Beaucoup de pauvres gens qui avaient jusqu’alors vécu dans l’obscurité se trouvèrent tout à coup les objets de l’intérêt général du public. On proclama leurs faits et gestes dans la presse et du haut des chaires ; et comme on pouvait s’y attendre ils perdirent complètement la mesure. Des fourbes et des hypocrites firent leur apparition de toutes parts. Cela devint un point d’honneur d’avoir une expérience étrange et extravagante à raconter, un rêve remarquable ou une vision à relater. Et même là où cette manière de faire irréfléchie n’entraînait pas la fausseté et l’hypocrisie, les jeunes convertis devinrent méprisants et hautains, et regardaient de haut les chrétiens d’âge et d’expérience, ainsi que ceux qui n’avaient pas été convertis de la même manière qu’eux, « frappés », comme on disait alors.

De plus, des gens de très mauvaise renommée, qui semblaient convertis, furent conduits de lieu en lieu, on afficha leurs noms dans les rues et des foules se rassemblèrent pour les entendre raconter leur histoire, qui n’était très souvent qu’un ramassis de détails sur des actes immoraux et des excès dont on n’aurait jamais dû parler. Plusieurs de ces personnages douteux abandonnèrent d’ailleurs tout cela plus tard, et retournèrent avec encore plus d’ardeur à leurs pratiques précédentes.

J’ai été témoin de ces choses dans plusieurs localités. Je suis convaincu qu’alors, le Saint Esprit a été contristé et étouffé, et que le travail en a été gâté. C’est pourquoi nous devrions chercher avec sérieux à honorer le Saint Esprit, nous reposer sur Lui dans tout notre travail, Le suivre là où Il nous conduit, et non pas courir devant Lui. Son travail restera : « Tout ce que Dieu fait subsiste à toujours » (Eccl. 3:14), « les choses qui se font sur la terre... tout est l’œuvre de Dieu » (Eccl. 8:16). Le rappel de ces paroles gardera toujours l’esprit dans un sain équilibre. C’est un grand danger pour les jeunes ouvriers de s’enthousiasmer tellement pour leur travail, leur prédication, leurs dons, qu’ils en perdent de vue le Maître Lui-même. En outre, ils peuvent en arriver à faire de la prédication le but au lieu du moyen. C’est nocif de toute manière. Cela leur nuit, et gâte leur travail.

À partir du moment où je fais de la prédication mon but, je suis en dehors de la pensée de Dieu, dont le but est de glorifier Christ, en dehors de la pensée de Christ, dont le but est le salut des âmes et la pleine bénédiction de Son Église. Mais là où on laisse au Saint Esprit Sa place, là où Il est reconnu et cru comme il se doit, tout sera bien ; il n’y aura pas d’exaltation de l’homme, pas d’orgueil agité, pas d’excitation, on ne se glorifiera pas des fruits de son travail. Tout sera calme, tranquille, authentique, dénué de prétention, dans une attente simple, fervente, confiante et patiente de Dieu. Le moi sera dans l’ombre, et Christ sera exalté.

Je pense souvent à une de vos paroles. Je me rappelle vous avoir entendu me dire une fois : « Le ciel sera l’endroit le plus sûr et le meilleur pour connaître les résultats de notre travail ». C’est une vérité à retenir pour tout ouvrier. Je frissonne quand je vois des noms de serviteurs de Christ vantés par la presse, avec des allusions flatteuses sur leur travail et ses fruits. Ceux qui écrivent de tels articles devraient réfléchir à ce qu’ils font, ils devraient se demander s’ils ne favorisent pas ce qu’ils devraient désirer voir mortifié et réprimé. Je suis pleinement persuadé que le chemin tranquille, retiré, caché, est le plus sûr et le meilleur pour l’ouvrier de Christ. Cela ne le rendra pas moins fervent, n’entravera pas son énergie, mais au contraire l’augmentera et l’intensifiera. Que Dieu nous garde d’écrire une seule ligne, de prononcer une seule parole qui puisse tendre, dans quelque mesure que ce soit, à décourager ou à entraver un seul ouvrier dans toute la vigne de Christ. Ce n’est pas le moment de faire une chose pareille. Nous désirons voir les ouvriers du Seigneur sérieux et fervents ; mais nous sommes convaincus que ce sérieux, cette vraie ferveur, découleront toujours d’une dépendance totale du Saint Esprit.

Je me suis bien étendu sur ce sujet, sans même me référer aux passages de l’Écriture auxquels je faisais allusion dans ma dernière lettre. Mais, bien-aimé frère dans le Seigneur, vous êtes heureusement familier avec les Évangiles et les Actes et ainsi vous savez que le Seigneur Lui-même, et tous ceux qui ont cherché à marcher sur Ses traces bénies, ont reconnu et honoré l’Esprit éternel comme étant Celui par qui toutes leurs œuvres devaient être faites.

Je m’arrête, cher frère et compagnon d’œuvre, vous recommandant de tout mon cœur à Celui qui nous a aimés, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang, et nous a appelés au privilège d’être ouvriers dans Sa moisson. Qu’Il vous bénisse abondamment, vous et les vôtres, et vous rendre encore plus utile !

Votre affectionné compagnon d’œuvre.

Charles Henry Mackintosh

145, Avenue du commerce, quartier Tshinsambi, commune de Kananga (Kasaï-Central, RD Congo)

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