33ème COMMUNAUTE EVANGELIQUE REGION SANKURU

33ème C.E.R.S

B.P. 1673 KANANGA

"Sur ce roc je bâtirai mon assemblée,..." Matthieu 16v18

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Le Travail d’Un Évangéliste
Actes 16:8-31
Chapitre 3

Nous avons commencé par adresser quelques mots à l’évangéliste ; nous continuons maintenant par quelques remarques sur le travail évangélique, et nous ne pouvons pas mieux faire que de prendre pour point de départ ce qui nous est rapporté sur le travail missionnaire d’un des plus grands évangélistes qui aient jamais vécu. Le passage de l’Écriture cité en tête de ce chapitre, nous montre comment le grand apôtre des nations, guidé assurément par le Saint Esprit, agit envers chacune des trois catégories d’auditeurs qui y sont mentionnées.

Nous avons d’abord « le chercheur sincère », ensuite « le faux professant », enfin « le pécheur endurci ». L’ouvrier du Seigneur rencontre ces trois catégories de personnes partout et à tout moment ; c’est pourquoi nous pouvons être reconnaissants d’avoir un récit inspiré sur la manière d’agir à l’égard de chacune d’elles. Il est vraiment désirable que ceux qui annoncent l’Évangile sachent s’occuper des états d’âme variés qu’ils rencontrent chaque jour, et il n’y a pas de moyen plus efficace d’acquérir cette compétence que l’étude soigneuse des modèles que nous donne le Saint Esprit de Dieu.

Commençons par examiner le cas du « CHERCHEUR SINCÈRE ».

L’infatigable apôtre, au cours de ses voyages missionnaires, arrive en Troade. Là, une vision lui apparut pendant la nuit : « Un homme Macédonien se tenait là, le priant et disant : Passe en Macédoine et aide-nous. Et quand il eut vu la vision, aussitôt nous cherchâmes à partir pour la Macédoine, concluant que le Seigneur nous avait appelés à les évangéliser. Quittant donc la Troade, nous fîmes voile, tirant droit sur Samothrace, et le lendemain à Néapolis, et de là à Philippes, qui est la première ville du quartier de la Macédoine, et une colonie ; et nous séjournâmes quelques jours dans cette ville.

Et le jour du sabbat, nous sortîmes hors de la porte et nous nous rendîmes au bord du fleuve, où l’on avait l’habitude de faire la prière ; et, nous étant assis, nous parlions aux femmes qui étaient assemblées. Et une femme nommée Lydie, marchande de pourpre de la ville de Thyatire, qui servait Dieu, écoutait ; et le Seigneur lui ouvrit le cœur pour qu’elle fût attentive aux choses que Paul disait. Et après qu’elle eut été baptisée ainsi que sa maison, elle nous pria, disant : Si vous jugez que je suis fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison, et demeurez-y. Et elle nous y contraignit » (Actes 16:9- 15).

Ici, donc, nous avons une scène touchante : quelque chose qui vaut la peine d’être considéré et médité. Nous voyons quelqu’un qui, ayant par grâce obtenu une mesure de lumière, la mettait en pratique et cherchait sincèrement à en posséder plus. Lydie, la marchande de pourpre, appartenait à la même catégorie que l’eunuque d’Éthiopie et le centurion de Césarée. Tous trois apparaissent dans la Parole inspirée comme des âmes vivifiées, mais pas libérées, pas en repos, pas satisfaites. L’eunuque (Actes 8) était venu d’Éthiopie à Jérusalem à la recherche de quelque chose sur lequel son âme anxieuse pourrait se reposer. Mais il avait quitté Jérusalem dans le même état d’insatisfaction, et il se penchait pieusement et sérieusement sur la précieuse Parole. L’œil de Dieu était sur lui, et Il envoya son serviteur Philippe avec le message exact dont l’eunuque avait besoin pour résoudre ses difficultés, répondre à ses questions, et mettre son âme en paix.

Dieu sait comment provoquer de telles rencontres. Il sait comment préparer le cœur pour le message et le message pour le cœur. L’eunuque était un adorateur de Dieu ; mais Philippe est envoyé pour lui enseigner comment voir Dieu dans la face de Jésus Christ. C’était exactement ce dont il avait besoin. Ce fut un flot de lumière rafraîchissante qui fit irruption dans un esprit sincère, mettant son cœur et sa conscience en repos, et il repartit tout joyeux. Il avait suivi avec droiture la lumière au fur et à mesure qu’elle éclairait son âme, et Dieu lui en envoya plus.

Il en est toujours ainsi : « Car à quiconque a, il sera donné, et il sera dans l’abondance » (Matt. 13:12). Il n’y a jamais eu d’âme qui, ayant sincèrement agi selon la lumière qu’elle avait, n’en ait reçu plus. C’est très consolant et très encourageant pour tout chercheur anxieux. Si mon lecteur est de ceux-là, qu’il prenne courage. S’il est un de ceux en qui Dieu a commencé à travailler, qu’il soit alors assuré « que Celui qui a commencé en vous une bonne œuvre, l’achèvera jusqu’au jour de Jésus Christ » (Phil. 1:6). Il mènera très certainement à bonne fin ce qui concerne Son peuple.

Mais qu’aucun de ceux qui ne connaissent pas le Seigneur comme leur Sauveur ne se croise les bras, ni ne se repose sur ses deux oreilles, disant froidement : « Je dois attendre le moment de Dieu pour avoir plus de lumière. Je ne peux rien faire, mes efforts sont inutiles. Quand le moment de Dieu sera là, tout sera clair ; jusque-là, je dois rester comme je suis ». Les pensées et les sentiments de l’eunuque éthiopien étaient tout différents. C’était quelqu’un qui recherchait la vérité avec sincérité. Et tout chercheur sincère est certain de finir par trouver avec joie. Il ne peut en être autrement car Dieu « est le rémunérateur de ceux qui le recherchent ». (Héb. 11:6)

Ainsi en est-il aussi du centurion de Césarée (Actes 10). C’était un homme de la même trempe. Il vivait selon la lumière qu’il avait. Il jeûnait, il priait et il donnait l’aumône. Il ne nous est pas dit s’il avait lu le sermon sur la montagne, mais il est remarquable de voir qu’il s’exerçait lui-même aux trois grands aspects de la justice pratique qui nous est présentée par le Seigneur en Matthieu 6. Au verset 1 : « Prenez garde de ne pas faire votre aumône (ou : votre justice) devant les hommes ». Ensuite nous avons les trois aspects de la justice : donner l’aumône (v. 2), la prière (v. 6), le jeûne (v. 16). C’était exactement ce que faisait Corneille. Bref, il craignait Dieu et pratiquait la justice selon la lumière qu’il avait. Il se conduisait et marchait selon le modèle que Dieu avait placé devant lui. Sa justice dépassait celle des scribes et des pharisiens ; c’est pourquoi il entra dans le royaume. Il fut, par grâce, un homme authentique qui suivit sincèrement la lumière lorsqu’elle pénétra dans son âme, et il fut amené dans la pleine clarté de l’Évangile de la grâce de Dieu. Dieu envoya Pierre à Corneille comme il avait envoyé Philippe à l’eunuque. Les prières et les aumônes étaient montées en mémorial devant Dieu, et Pierre fut envoyé avec le message du salut complet par un Sauveur crucifié et ressuscité.

Il est possible que certaines personnes, bercées par la douce insouciance d’un christianisme facile, et élevées dans le formalisme désinvolte d’une religion qui satisfait les appétits de l’homme et pour qui le ciel est toujours propice, soient prêtes à condamner la conduite pieuse de Corneille, et à la juger comme étant le fruit de l’ignorance et du légalisme. De telles personnes n’ont jamais su ce que c’était que de se refuser un seul repas, ou de passer une heure en prière réelle et sincère, ou d’exercer une vraie charité envers les pauvres. Peut-être ont-ils lu ou entendu dire que le salut ne peut être obtenu par de tels moyens, que nous sommes justifiés par la foi sans œuvres, que le salut est pour celui qui ne fait pas d’œuvres, mais qui croit en Celui qui justifie l’impie.

Tout cela est très juste, mais quel droit avons-nous d’imaginer que Corneille priait, jeûnait et donnait l’aumône pour acquérir le salut ? Aucun, si du moins nous sommes soumis au récit inspiré, et nous n’avons aucun moyen de savoir quoi que ce soit d’autre de ce personnage intéressant et véritablement exceptionnel. Il fut informé par l’ange que ses prières et ses aumônes étaient montées pour mémorial devant Dieu. N’est-ce pas une preuve très claire que ses prières et ses aumônes n’étaient pas une façade de propre justice, mais les fruits d’une justice basée sur la connaissance qu’il avait de Dieu ? Sûrement les fruits de la propre justice et du légalisme n’auraient jamais pu monter vers le trône de Dieu en mémorial. Pierre n’aurait jamais pu dire non plus en parlant d’un légaliste qu’il était quelqu’un qui craignait Dieu et pratiquait la justice. (Actes 10:35)

Non, Corneille était quelqu’un de tout à fait sincère. Il vivait selon ce qu’il connaissait, et il aurait eu tort d’aller plus loin. Pour lui, le salut de son âme immortelle, le service pour Dieu, et l’éternité, étaient des réalités importantes et qui l’absorbaient entièrement. Ce n’était pas un professant insouciant, désinvolte, insipide, tenant des discours sans aucune valeur, et ne faisant rien. Il appartenait à une autre sorte de personnes radicalement opposée. Il appartenait à la catégorie de ceux qui font, et non de ceux qui disent. Il était un de ceux sur lesquels le regard de Dieu se pose avec satisfaction, et sur qui la pensée du ciel s’attache avec un profond intérêt.

Ainsi en était-il aussi de Lydie, la marchande de pourpre de Thyatire. Elle appartenait à la même école. Elle était sur le même plan que l’eunuque et le centurion. C’est très heureux de considérer ces trois âmes, de penser à l’une en Éthiopie, une autre à Césarée, et la troisième à Thyatire, ou à Philippes. Il est particulièrement rafraîchissant de mettre en contraste de telles âmes sincères, diligentes et pieuses, avec bien d’autres qui, de nos jours, se glorifient de leur lumière et de leur connaissance, qui connaissent dans leurs têtes le « plan du salut », comme on l’appelle, qui ont les doctrines de la grâce sur leurs lèvres, mais le monde dans leur cœur ; dont le seul centre d’intérêt est le moi, moi, moi : misérable objet !

Nous aurons l’occasion de parler plus en détail de cela à propos du cas suivant ; mais pour l’instant, continuons à nous occuper de cette âme sérieuse : Lydie. Et nous devons confesser que c’est un sujet bien plus réconfortant. Il est très clair que Lydie, comme l’eunuque et Corneille, était une âme en éveil : elle adorait Dieu, elle ne demandait pas mieux que de quitter son commerce de pourpre et d’aller à une réunion de prière, ou à n’importe quel endroit où on pourrait recevoir du bien spirituel. « Les oiseaux de même plumage volent ensemble », et ainsi, Lydie trouva bientôt l’endroit où quelques âmes pieuses, quelques esprits de la même famille avaient l’habitude de se rencontrer pour s’attendre à Dieu dans la prière.

Tout cela est magnifique. Il est rafraîchissant de voir un tel sérieux. Il est certain que le Saint Esprit a écrit ce récit pour notre instruction, comme toute l’Écriture d’ailleurs. C’est un exemple auquel nous faisons bien de réfléchir. Lydie saisissait diligemment toutes les occasions ; en vérité, elle montrait les véritables fruits de la vie divine, l’action authentique de la nouvelle nature. Elle découvrit l’endroit où des croyants se rassemblaient pour la prière, et prit place au milieu d’eux. Elle n’avait pas croisé les bras et ne s’était pas assise, satisfaite d’elle-même, pour attendre, avec une nonchalance irréfléchie, et une oisiveté coupable, qu’une chose extraordinaire et indéfinissable, ou un changement mystérieux, vienne sur elle. Non, elle est venue à la réunion de prière, l’endroit où l’on exprime ses besoins, où l’on s’attend à la bénédiction ; et là, Dieu a entendu Lydie, puisqu’il est certain qu’Il entend tous ceux qui fréquentent de tels lieux dans le même esprit qu’elle.

Dieu ne manque jamais de répondre à un cœur qui L’attend. Il a dit : « Ceux qui s’attendent à moi ne seront pas confus » (Ésaïe 49:23). Et, comme un rayon de soleil, dans le Livre inspiré brille cette promesse assurée et touchante : Dieu « est le rémunérateur de ceux qui Le recherchent » (Héb. 11:6). Il envoya Philippe à l’eunuque dans le désert de Gaza, Il envoya Pierre au centurion de la ville de Césarée, Il envoya Paul à la marchande de pourpre, près de la porte de la ville de Philippes, et Il enverra un message au lecteur de ces lignes s’il cherche sincèrement le salut de Dieu.

C’est toujours un moment très émouvant lorsqu’une âme préparée est amenée au contact de l’évangile complet de la grâce de Dieu. Il se peut que cette âme ait été dans un profond et douloureux exercice pendant de longs jours, cherchant du repos mais n’en trouvant pas. Le Seigneur a travaillé par Son Esprit, préparant le terrain pour la bonne semence (Luc 8:15). Il a creusé de profonds sillons pour que la précieuse semence de Sa Parole puisse prendre racine d’une manière permanente, et porte du fruit à Sa louange. Le Saint Esprit n’agit jamais hâtivement. Son travail est profond, sûr et solide. Ses plantes ne sont pas comme le kikajon de Jonas qui, né en une nuit, a péri en une nuit. Tout ce qu’Il fait tiendra, béni soit Son Nom. « J’ai connu que tout ce que Dieu fait subsiste à toujours » (Ecclésiaste 3:14). Quand Il convainc, convertit et libère une âme, le sceau de Sa propre main, éternelle, est sur ce travail, dans toutes ses phases.

Quel moment plein d’intérêt que celui où Lydie, dans l’état d’âme où elle se trouvait, fut mise en contact avec le glorieux Évangile que Paul apportait (Actes 16:14). Elle était tout à fait préparée pour ce message, et certainement, le message était aussi tout à fait préparé pour elle. Il lui apportait des vérités dont elle n’avait jamais entendu parler et auxquelles elle n’avait jamais pensé. Comme nous l’avons déjà remarqué, elle vivait selon la lumière qu’elle possédait ; elle adorait Dieu ; mais, certainement, elle n’avait aucune idée de la glorieuse vérité qui était dans le cœur de cet étranger qui s’était assis près d’elle à la réunion de prière. Elle était venue là, pieuse et sincère comme elle l’était, pour prier et adorer, pour obtenir quelque rafraîchissement pour son esprit après les labeurs de la semaine. Combien peu elle s’imaginait qu’à cette réunion elle entendrait le plus grand prédicateur qui ait vécu, à l’exception du Seigneur, et qu’elle entendrait les vérités les plus élevées qui soient jamais tombées dans les oreilles d’un être humain.

Mais il en fut ainsi. Comme il était important que Lydie soit allée à cette mémorable réunion de prière ! Heureusement qu’elle n’avait pas agi comme beaucoup aujourd’hui qui, après une semaine de travail à l’usine, au champ, au magasin, profitent de leur dimanche pour rester au lit ! Combien de personnes voit-on à leur travail toute la semaine, le faisant avec soin, mais que vous chercherez en vain à la réunion le dimanche. Comment cela se fait-il ? Ils vous diront peut-être qu’ils sont si exténués le samedi soir qu’ils n’ont pas assez d’énergie pour se lever le dimanche, et alors ils passent cette journée à paresser, à flâner et à se dorloter. Ils ne s’occupent pas de leur âme, ni de l’éternité, ni de Christ. Ils s’occupent d’eux-mêmes, de leur famille, du monde, de l’argent ; et ainsi on les trouve debout à l’aube, le lundi, partant à leur travail.

Lydie n’appartenait pas du tout à cette classe de personnes. Elle faisait son travail, comme toute personne sensée. Certainement qu’elle avait de la pourpre d’excellente qualité, et qu’elle était une marchande honnête, dans tous les sens du mot. Mais elle ne passait pas le sabbat au lit, à flâner dans sa maison, ou à se soigner, ou à parler avec ostentation de ce qu’elle avait à faire pendant la semaine. Nous ne pensons pas non plus qu’elle était de ces personnes occupées d’elles-mêmes, qu’une averse suffit à empêcher d’aller à une réunion. Non, Lydie était d’une autre trempe. C’était une femme sincère, qui savait que son âme devait être sauvée, que l’éternité était devant elle, et que le Dieu vivant voulait être servi et adoré.

Plût à Dieu que nous ayons plus de « Lydie » de nos jours ! Cela donnerait au travail de l’évangéliste un charme, un intérêt, une fraîcheur après lesquels beaucoup de serviteurs du Seigneur soupirent en vain. Il nous semble que nous vivons dans des temps de terrible inconscience quant aux choses éternelles et divines. Hommes, femmes et enfants déploient assez d’énergie pour gagner de l’argent, pour leurs plaisirs et pour ce qu’ils poursuivent, mais quand il s’agit des choses de Dieu, de leur âme et de l’éternité, c’est l’indifférence. Mais chaque battement de cœur, chaque seconde nous rapproche du moment où l’indifférence sera changée en « pleurs et en grincements de dents ». Si cela était ressenti plus profondément, il y aurait beaucoup plus de « Lydies », préparées à être attentives à l’évangile que Paul prêchait.

Quelle force et quelle beauté dans ces mots : « Le Seigneur lui ouvrit le cœur pour qu’elle fût attentive aux choses que Paul disait ». Lydie n’était pas une de ces personnes qui vont à la réunion pour penser à tout sauf à ce qui est dit par les serviteurs du Seigneur. Elle ne pensait pas à sa pourpre, ni à ses prix, ni à ses gains ou ses pertes probables. Combien y en a-t-il parmi ceux qui remplissent les salles de réunions qui suivent l’exemple de Lydie ? Hélas, bien peu, craignons-nous. Le travail, les tendances du marché, la situation financière, l’argent, le plaisir, l’habillement, des futilités, que de sujets occupent nos pensées ! On est préoccupé, les pensées vagabondent, et ainsi le pauvre cœur est à l’autre bout du monde au lieu d’être attentif aux choses qui sont dites.

Tout cela est extrêmement solennel. Il est indispensable de s’y arrêter et d’y penser. Est-on conscient que la prédication de l’Évangile rend responsable celui qui l’entend ? On oublie que l’Évangile ne laisse jamais une personne inconvertie là où il l’a trouvée. Ou bien elle est sauvée en recevant l’Évangile, ou bien elle est plus coupable qu’avant en le rejetant. Il est donc très sérieux d’écouter l’Évangile. On peut assister à des réunions d’évangélisation par habitude, pour remplir un devoir religieux, parce qu’on n’a rien d’autre à faire et qu’on s’ennuie, ou parce qu’on pense qu’en y allant on acquiert du mérite. Ainsi, des milliers de personnes assistent à des prédications où les serviteurs de Christ, bien que n’ayant pas le don de Paul, ni sa puissance, ni son intelligence, présentent la précieuse grâce de Dieu qu’Il a manifestée en envoyant Son Fils unique dans le monde pour nous sauver de la misère, des tourments éternels. La vertu et l’efficacité de la mort expiatoire de l’Agneau de Dieu notre divin Sauveur, les terribles réalités de l’éternité, les horreurs de l’enfer et les joies inexprimables du ciel, toutes ces questions vitales sont présentées par les messagers du Seigneur selon la mesure de grâce octroyée à chacun, et combien cela a peu d’effet ! Ils discourent « sur la justice et sur la tempérance et sur le jugement à venir », et malgré cela, combien peu sont ne serait- ce qu’« effrayés » ! (Actes 24:25)

Pourquoi donc ? Quelqu’un prétendra-t-il s’excuser d’avoir rejeté l’Évangile parce qu’il serait incapable de le croire ? Se référerait-il au cas qui est devant nous en disant : « Le Seigneur a ouvert son cœur ; et s’il faisait la même chose pour moi, moi aussi je serais attentif à ce qui est dit dans les réunions, mais tant qu’Il ne l’a pas fait, je ne puis rien faire » ? Un tel argument ne vous servira à rien au jour du jugement. Vous ne pourrez pas vous en servir ce jour-là, car vous faites une application fausse de la belle histoire de Lydie. Il est vrai que le Seigneur a ouvert son cœur, mais Il est tout prêt à ouvrir le vôtre aussi, même si vous ne possédez que le centième de la sincérité de Lydie.

Vous savez bien, lecteur, que cette grande question, comme toute autre, présente deux côtés ? Il est facile de dire : « Je ne puis rien faire », et cela peut vous sembler incontestable. Mais qui vous a enseigné cela ? Où l’avez-vous appris ? Nous vous demandons solennellement dans la présence de Dieu : Pouvez-vous lever les yeux vers Lui et dire : « Je ne peux rien faire, je ne suis pas responsable » ? Dites-nous, est-ce que le salut de votre âme immortelle serait la seule chose pour laquelle vous ne pourriez rien faire ? Vous pouvez faire beaucoup de choses pour le monde, pour vous-même, pour Satan ; mais quand il s’agit de Dieu, de l’âme, de l’éternité, vous diriez froidement : « Je ne peux rien faire, je ne suis pas responsable !»?

C’est faux ! Présenter de tels arguments, c’est ne voir qu’un côté des choses. C’est le résultat du raisonnement pernicieux de l’esprit humain qui tord et déforme certaines vérités de l’Écriture. Il ne sert à rien d’avancer de tels arguments. Le pécheur est responsable ; et toute théologie, tous raisonnements, et toutes les objections plausibles mais trompeuses que l’on arriverait à réunir, ne supprimeront jamais ce fait important et solennel.

C’est pourquoi nous appelons le lecteur à s’occuper avec sérieux du salut de son âme, comme l’a fait Lydie. Laissez de côté toute autre question, tout autre détail, tout autre sujet, sans importance en comparaison de cette seule question importante : le salut de votre âme, si précieuse. C’est alors, vous pouvez en être sûr, que Celui qui envoya Philippe à l’eunuque, Pierre au centurion, Paul à Lydie, vous enverra aussi un messager et un message, et qu’Il rendra aussi votre cœur attentif. Il n’y a aucun doute à cela, car l’Écriture déclare que Dieu ne veut pas « qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pierre 3:9). Tous ceux qui périssent, après avoir entendu le message du salut, la belle histoire de l’amour gratuit de Dieu, de la mort et de la résurrection du Sauveur, périront sans avoir la moindre excuse et, coupables, descendront en enfer en ayant leur sang sur leurs têtes. Alors, leurs yeux seront ouverts. Ils comprendront trop tard qu’ils s’étaient leurrés par de piètres arguments, et que ces arguments les avaient conduits dans une position entièrement fausse et endormis dans le péché et la mondanité.

Mais arrêtons-nous un moment à cette expression : « les choses que Paul disait ». L’Esprit de Dieu n’a pas jugé bon de nous donner, même un bref résumé, de la prédication de Paul à cette réunion de prière. Nous devons donc nous reporter à d’autres passages des saintes Écritures pour avoir une idée de ce que Lydie a entendu dans cette occasion. Prenons, par exemple, ce passage où Paul rappelle aux Corinthiens l’Évangile qu’il leur avait prêché : « Or je vous fais savoir, frères, l’évangile que je vous ai annoncé, que vous avez aussi reçu, et dans lequel vous êtes, par lequel aussi vous êtes sauvés, si vous tenez ferme la parole que je vous ai annoncée, à moins que vous n’ayez cru en vain. Car je vous ai communiqué avant toutes choses ce que j’ai aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures, et qu’il a été enseveli, et qu’il a été ressuscité le troisième jour, selon les écritures » (1 Corinthiens 15:1-4).

Sans aucun doute ce passage de l’Écriture contient un résumé de ce que Paul a dit à Philippes, au cours de cette réunion de prière. Le grand thème de la prédication de Paul était Christ, Christ pour le pécheur, Christ pour le croyant, Christ pour la conscience, Christ pour le cœur. Jamais il ne se permit de s’écarter de ce grand sujet. Mais, avec une constance admirable, toutes ses prédications et ses méditations L’avaient comme Centre. S’il appelait les hommes, tant Juifs que nations, à se repentir, la puissance de sa prédication c’était Christ. S’il les exhortait à croire, l’objet qu’il présentait à leur foi c’était Christ, par l’autorité de l’Écriture. S’il « discourait sur la justice et sur la tempérance et sur le jugement à venir », Celui qui donnait force et puissance morale à ses raisonnements, c’était Christ. En résumé, Christ était l’essence même, la somme, la substance, le fondement et la maîtresse pierre de la prédication et de l’enseignement de Paul.

Mais, pour ce qui nous concerne maintenant, il y a trois grands sujets que nous trouvons dans la prédication de Paul, et sur lesquels nous désirons attirer l’attention du lecteur. Ce sont premièrement, la grâce de Dieu ; deuxièmement, la personne et l’œuvre de Christ ; troisièmement, le témoignage du Saint Esprit tel qu’il nous est donné dans les Saintes Écritures.

Nous ne prétendons pas entrer ici dans ces vastes sujets, nous les mentionnons simplement, et nous demandons instamment au lecteur d’y réfléchir, de les méditer et de chercher à les faire siens.

1) La grâce de Dieu : Cette libre et souveraine faveur est la source de laquelle coule le salut, le salut dans toute la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de ce mot si précieux, le salut qui s’étend, comme une chaîne d’or, du cœur de Dieu Lui-même, jusque dans l’abîme le plus profond de la culpabilité du pécheur et de sa condition ruinée, et qui remonte au trône de Dieu, salut qui répond à tous les besoins du pécheur, qui imprègne toute l’histoire des croyants, et glorifie Dieu de la manière la plus élevée qui soit.

2) Ensuite, la Personne de Christ et Son œuvre accomplie sont le seul canal par lequel le salut puisse couler vers le pécheur coupable et perdu. Il ne s’agit pas de l’église et de ses sacrements, de la religion avec ses rites et ses cérémonies, ni de l’homme ou de ses actes quels qu’ils puissent être. Il s’agit de la mort et de la résurrection de Christ. «... je vous ai communiqué... que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures, et qu’il a été enseveli et qu’il a été ressuscité le troisième jour, selon les Écritures » (1 Cor 15:3-4). C’était l’Évangile que Paul prêchait et par lequel les Corinthiens furent sauvés. Et l’apôtre déclare avec une insistance solennelle que si un homme prêche un autre Évangile : « qu’il soit anathème !» (Galates 1:8-9). Terribles paroles pour notre époque !

3) Mais, troisièmement, l’autorité par laquelle nous recevons le salut c’est le témoignage du Saint Esprit dans l’Écriture. C’est « selon les Écritures » (1 Cor. 15:1-5). Quelle vérité sûre et réconfortante. Il ne s’agit pas de sentiments, d’expériences ou de preuves, mais simplement de foi en la Parole de Dieu, produite dans le cœur par l’Esprit de Dieu. Il est très sérieux, pour l’évangéliste, de penser que là où l’Esprit de Dieu travaille, Satan est sans aucun doute aussi à l’œuvre. Nous devons nous en souvenir et être toujours préparés à cela. L’ennemi de Christ, l’ennemi des âmes, est toujours en éveil, rôdant pour voir ce qu’il peut faire, soit pour empêcher, soit pour corrompre le travail de l’Évangile. Cela ne doit pas effrayer ni même décourager le serviteur, mais il est bon de s’en souvenir et d’être sur ses gardes. Satan fera tout pour gâter ou empêcher le travail béni de l’Esprit de Dieu. Il a montré qu’il était l’ennemi vigilant et toujours inlassable de ce travail, depuis les jours d’Éden jusqu’à maintenant.

En retraçant l’histoire de Satan, nous le trouvons agissant sous deux caractères, tour à tour comme un serpent ou comme un lion, utilisant la ruse ou la violence. Il cherchera à tromper, et s’il ne peut pas y réussir, il utilisera la violence. Il en est ainsi dans ce seizième chapitre des Actes. Le cœur de l’apôtre avait été encouragé et rafraîchi par ce que nous pourrions appeler une belle conversion, à tous égards authentique et incontestable. Ce fut direct, positif et clair. Lydie reçut Christ dans son cœur, et sur-le-champ se plaça sur le terrain chrétien en se soumettant au baptême. Mais ce ne fut pas tout. Elle ouvrit immédiatement sa maison aux serviteurs du Seigneur. Sa foi n’était pas uniquement des lèvres. Elle ne s’est pas contentée de dire qu’elle croyait, elle a prouvé sa foi en Christ, non seulement en entrant dans l’eau du baptême, mais en s’identifiant elle-même, ainsi que toute sa maison, avec le Nom et la cause de Celui qu’elle avait reçu dans son cœur par la foi (v.16-18).

Considérons maintenant quelque chose de tout différent. Le serpent apparaît sur la scène comme LE TROMPEUR.

« Or il arriva que, comme nous allions à la prière, une servante qui avait un esprit de python et qui, en prophétisant, procurait à ses maîtres un grand gain, vînt au-devant de nous. Et marchant après Paul et nous, elle criait, disant : Ces hommes sont les esclaves du Dieu Très-haut, qui vous annoncent la voie du salut. Et elle fit cela pendant plusieurs jours. Mais Paul, affligé, se retourna et dit à l’esprit : Je te commande au nom de Jésus Christ de sortir d’elle. Et à l’heure même il sortit » (Actes 16:16-18).

Nous avons ici une circonstance bien propre à éprouver la spiritualité et l’intégrité de l’évangéliste. Beaucoup de gens auraient accueilli ces mots, sortant de la bouche de cette jeune fille, comme un témoignage encourageant pour leur travail. Pourquoi Paul en fut-il donc affligé ? Pourquoi ne lui permit-il pas de continuer à témoigner de l’objet de sa mission ? Ne disait-elle pas la vérité ? N’étaient-ils pas les serviteurs du Dieu Très-haut ? Et ne montraient-ils pas le chemin du salut ? Pourquoi s’en affliger, pourquoi faire taire un tel témoignage ? Parce que cela provenait de Satan et assurément, l’apôtre ne voulait pas recevoir de témoignage de ce dernier. Il ne pouvait pas permettre à Satan de participer à son travail. Certainement, il aurait pu parcourir les rues de Philippes en étant reconnu et honoré comme un serviteur de Dieu, s’il avait seulement consenti à laisser le diable prendre part à son travail. Mais Paul ne pouvait pas consentir à cela. Il ne pouvait pas supporter que l’ennemi se mêle du travail du Seigneur. S’il l’avait laissé faire, le coup de grâce aurait été donné au témoignage rendu à Philippes. Permettre à Satan de participer au travail aurait entraîné la ruine totale de la mission de Paul en Macédoine.

Il est très important pour le serviteur du Seigneur de réfléchir à cet incident. Nous pouvons être assurés que le récit de cette servante a été écrit pour notre instruction. Ce n’est pas seulement un récit de ce qui s’est passé, mais un exemple de ce qui peut se passer, et qui arrive chaque jour.

La chrétienté est pleine de fausses professions. C’est triste d’avoir à le dire, mais c’est ainsi, et nous devons attirer l’attention du lecteur sur ce fait. Nous sommes entourés de toutes parts par ceux qui ne donnent qu’un simple assentiment de pure forme aux vérités chrétiennes. Ils vont de l’avant, semaine après semaine, année après année, prétendant croire certaines choses qu’ils ne croient, en réalité, pas du tout. Il y en a des milliers qui, chaque dimanche, prétendent croire au pardon des péchés. Cependant, si on interrogeait ces personnes, on trouverait, soit qu’ils n’accordent aucune pensée à ces choses, soit s’ils le font, qu’ils estiment de la plus haute présomption d’être sûr du pardon de ses péchés.

C’est très sérieux ! Imaginez une personne, disant devant Dieu : « Je crois au pardon des péchés », alors qu’en fait elle n’y croit pas ! Y a-t-il quelque chose qui endurcisse davantage le cœur, qui étouffe plus la conscience que cela ? Nous sommes fermement persuadés que les formes et les formules de la chrétienté professante ruinent davantage les âmes que tous les aspects réunis de la dépravation morale. Il est vraiment effrayant de voir ces multitudes innombrables qui se pressent en ce moment sur les chemins battus de la profession religieuse conduisant aux flammes éternelles de l’enfer. Nous nous sentons responsables de lancer cet avertissement. Nous désirons que le lecteur prenne très solennellement garde à cette question.

Nous avons présenté cet exemple particulier, uniquement parce qu’il se rapporte à un sujet d’intérêt très général et de grande importance. Relativement peu de personnes sont au clair et affermis sur cette question du pardon des péchés. Bien peu peuvent, calmement, résolument, dire : « Je sais que mes péchés sont pardonnés ». Bien peu jouissent réellement du plein pardon de leurs péchés, par la foi au précieux sang qui purifie de tout péché. Ainsi, combien il est solennel d’entendre des personnes exprimer des paroles telles que celles-ci : « Je crois au pardon des péchés », alors que, en réalité, elles ne croient pas à leurs propres paroles !

Le lecteur a-t-il l’habitude d’utiliser de telles paroles ? Les croit-il ? Dites-moi, cher ami, vos péchés sont-ils pardonnés ? Êtes-vous lavé dans le précieux sang expiatoire de Christ ? Sinon, pourquoi ? Le chemin est ouvert. Il n’y a pas d’obstacle. Vous êtes invité maintenant, sans aucune restriction, à jouir des résultats gratuits de l’œuvre rédemptrice de Christ. Même si vos péchés sont comme le cramoisi, même s’ils sont noirs comme la nuit, noirs comme l’enfer, même s’ils s’élèvent comme une terrible montagne à la vue de votre âme troublée, et menacent de vous précipiter dans la perdition éternelle, ces mots brillent néanmoins d’un éclat divin et céleste dans l’Écriture inspirée :

« Le sang de Jésus-Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1:7).

Mais attention, cher ami, n’allez pas de l’avant, semaine après semaine, vous moquant de Dieu, endurcissant votre cœur, exécutant par une fausse profession les desseins du grand ennemi de Christ, Satan. C’est ce que cette servante, possédée par un esprit de divination, faisait, et son histoire est similaire à cet horrible état présent de la chrétienté. Quel fut le thème de ses paroles, pendant ces « plusieurs jours » pendant lesquels l’apôtre considérait minutieusement son cas ? « Ces hommes sont les esclaves du Dieu Très-haut, qui vous annoncent la voie du salut ». Mais elle n’était pas sauvée, elle n’était pas délivrée, elle était elle-même, pendant tout ce temps, sous la puissance de Satan. Et non seulement cela, mais Satan cherchait à l’utiliser dans le but de gâcher et d’entraver l’œuvre de l’Évangile.

Il en est ainsi dans la chrétienté et pour chaque faux professant où qu’il soit dans toute l’église professante. Quiconque professe croire au pardon des péchés, mais en réalité n'y croit pas, ne sait pas que ses péchés sont pardonnés, ne pense pas que quiconque puisse le savoir jusqu'au jour du jugement, chacune de ces personnes est, en principe, dans l’état de la servante possédée de l'esprit de divination. Ce qu’elle disait avait l’air assez vrai, mais elle n’était pas vraie en le disant. C'était le point le plus triste de l'affaire. C'est une chose de dire ou d'accepter ce qui est vrai, et une autre chose d'être vrai en le disant. De quelle utilité était-il possible de répéter pendant plusieurs jours : « Ils nous annoncent le chemin du salut », alors qu'elle restait dans la même condition non sauvée et non bénie ? Aucune, et nous ne connaissons rien, même dans les profondeurs les plus profondes du mal moral, ou dans les nuances les plus sombres du paganisme, de plus véritablement horrible que l'état des professants insouciants, endurcis, satisfaits d'eux-mêmes et stériles [devant Dieu], qui, chaque dimanche, expriment, dans leurs prières et dans leurs chants, des paroles qui, en ce qui les concerne, sont totallement fausses.

Cette pensée est parfois presque accablante. Nous ne pouvons pas nous y arrêter, c’est vraiment trop douloureux. Nous mettons encore une fois solennellement le lecteur en garde contre la moindre mesure de fausse profession. Qu’il ne dise ni ne chante jamais rien qu’il ne croie pas dans son cœur. Le diable est derrière tout ce qui est fausse profession, et de cette manière, il cherche à jeter du discrédit sur le travail du Seigneur.

Mais qu’il est rafraîchissant de voir comment le fidèle apôtre agit envers cette servante. S’il avait cherché à poursuivre ses propres desseins, ou s’il avait été simplement le ministre d’une religion, il aurait accueilli ces paroles comme un compliment bien fait pour augmenter sa popularité ou pour attirer l’attention sur sa cause. Mais Paul n’était pas ministre d’une religion, il était ministre de Christ, ce qui est totalement différent. Et nous pouvons remarquer que cette servante ne dit pas un seul mot de Christ, elle ne prononce pas le nom précieux et incomparable de Jésus. Il est passé sous silence. C’est là la marque de Satan. « Nul ne peut dire Seigneur Jésus si ce n’est par l’Esprit Saint » (1 Cor. 12:3). On peut parler de Dieu et de religion sans qu’il y ait de place pour Christ dans les cœurs. Les pharisiens, dans Jean 9:24, pouvaient dire à l’aveugle guéri : « Donne gloire à Dieu » ; mais en parlant de Jésus, ils disaient : « Cet homme est un pécheur ».

Il en est toujours ainsi dans le cas d’une religion corrompue, ou de fausse profession. Il en était ainsi pour cette servante en Actes 16. Elle ne disait pas un mot de Christ. Il n’y avait pas de vie, pas de vérité, pas de réalité. C’était creux et faux. Mettre Christ de côté venait de Satan, c’est pourquoi Paul ne pouvait pas l’accepter. Il en fut affligé et le refusa complètement.

Puisse tout le monde être comme lui, avoir un œil simple pour détecter, et un cœur intègre pour rejeter l’œuvre de Satan dans beaucoup de ce qui se passe autour de nous ! Nous sommes profondément convaincus que l'Esprit de Dieu a écrit le récit de cette servante pour notre instruction. On peut peut-être dire que nous n’avons pas de cas de ce genre à l’heure actuelle. Nous répondons : dans quel but le Saint-Esprit a-t-il rédigé ce récit ? Hélas ! il y a des milliers de cas en ce moment, comme celui de cette servante. Nous ne pouvons que considérer cela comme un exemple, une illustration d’une fausse profession de christianisme, qui montre jusqu’où peuvent aller l'astuce et les ruses trompeuses de l'ennemi dans les dix mille formes dont se revêt la corruption morale. Tout le monde peut juger de l’ivresse, du vol, etc., mais il faut un œil oint d’un collyre céleste pour détecter les agissements astucieux du serpent derrière la belle profession d’un monde religieux.

Paul, par grâce, possédait un tel œil. On ne pouvait pas le tromper ; il vit que l’affaire tout entière était un effort de Satan pour s’introduire dans l’œuvre et pour essayer ainsi de la gâter entièrement.

« Mais Paul, affligé, se retourna et dit à l’esprit : Je te commande au nom de Jésus Christ de sortir d’elle. Et à l’heure même, il sortit ».

Ce fut véritablement un acte spirituel. Paul ne s’était pas hâté d’affronter le démon, ou même de se prononcer sur son cas ; il attendit plusieurs jours. Mais au moment même où l’ennemi fut détecté, Paul lui résista et le repoussa fermement et sans compromission. Un ouvrier moins spirituel aurait pu laisser passer la chose, en pensant que cela aurait pu favoriser l’œuvre et concourir à son progrès. Paul pensait différemment, et il avait raison. Il ne voulait recevoir aucune aide de Satan. Il n’allait pas accepter une telle entremise dans son travail ; alors, au Nom de Jésus Christ, ce Nom que l’ennemi avait exclu de ses discours avec tant de soin, il met Satan en fuite.

Mais à peine Satan avait-il été repoussé comme le serpent, qu’il prend le caractère du lion. Ayant échoué par la ruse, il essaie la violence. « Mais ses maîtres, voyant que l’espérance de leur gain s’en était allée, ayant saisi Paul et Silas les traînèrent dans la place publique devant les magistrats. Et les ayant présentés aux préteurs, ils dirent : Ces hommes-ci qui sont Juifs, mettent tout en trouble dans notre ville et annoncent des coutumes qu’il ne nous est pas permis de recevoir ni de pratiquer, à nous qui sommes Romains. Et la foule se souleva ensemble contre eux ; et les préteurs, leur ayant fait arracher leurs vêtements, donnèrent l’ordre de les fouetter. Et leur ayant fait donner un grand nombre de coups, ils les jetèrent en prison, en commandant au geôlier de les garder sûrement » (Actes 16:19- 23).

Ainsi l’ennemi semble triompher ; mais rappelez-vous que les soldats de Christ gagnent leurs plus éclatantes victoires par des défaites apparentes. Satan fit une grande erreur en jetant les apôtres en prison. Il est en effet consolant de penser qu’il n’a jamais rien fait d’autre que des erreurs depuis sa chute jusqu’à maintenant. Toute son histoire, du commencement à la fin, n’est qu’un tissu d’erreurs.

Et ainsi, comme nous l’avons déjà remarqué, Satan fit une grande erreur en jetant Paul dans la prison de Philippes. En raisonnant selon la chair, on pourrait croire le contraire, mais selon le jugement de la foi, le serviteur de Christ était bien mieux à sa place en prison à cause de la vérité, plutôt que dehors, pour le déshonneur de son Maître. En vérité, Paul aurait pu s’éviter cela. Il aurait pu être un homme honoré, reconnu comme « un esclave du Dieu Très-haut », si seulement il avait accepté le témoignage de cette servante, et souffert que Satan l’aide dans son travail. Mais il ne pouvait pas faire cela, et ainsi il devait souffrir. « Et la foule, » (toujours inconstante et facilement changeante), « se souleva ensemble contre eux ; et les préteurs, leur ayant fait arracher leurs vêtements, donnèrent l’ordre de les fouetter. Et leur ayant fait donner un grand nombre de coups, ils les jetèrent en prison, en commandant au geôlier de les garder sûrement. Celui-ci, ayant reçu un tel ordre, les jeta dans la prison intérieure et fixa sûrement leurs pieds dans le bois » (Actes 16:22-24).

On aurait pu croire que c’était la fin du travail de l’évangéliste dans la ville de Philippes, un véritable arrêt de la prédication. Mais pas du tout ! La prison était l’endroit précis où devait se trouver l’évangéliste à ce moment-là. Son travail était là. Il devait rencontrer à l’intérieur des murs de la prison, un auditoire qu’il n’aurait pu trouver dehors. Et ceci nous amène au troisième et dernier cas :

LE PÉCHEUR ENDURCI.

Il est très peu probable que le gardien de la prison eût trouvé le chemin de la réunion de prière, au bord du fleuve. Il s’intéressait peu à de telles choses. Ce n’était pas un chercheur sincère, ni un professant. C’était un pécheur endurci, qui avait une activité endurcissante. Les gardiens, de par leur travail, sont, en général, des hommes durs et sévères. Sans doute il peut y avoir des exceptions : on trouve des hommes au cœur sensible qui font ce travail. Mais, en règle générale, ils ne sont pas tendres ; cela leur conviendrait peu. Ils ont à faire avec la pire classe de la société. Ils sont au courant de bien des crimes et ont la charge de nombreux criminels. Habitués à la rudesse et à la grossièreté, ils deviennent eux-mêmes ainsi.

En jugeant d’après le récit inspiré placé devant nous, nous pouvons bien nous demander si le geôlier de Philippes était une exception à cette règle concernant les gens de sa profession. Il ne semble certes pas avoir montré beaucoup de douceur à l’égard de Paul et de Silas, mais plutôt de la rigueur. Il « les jeta dans la prison intérieure et fixa sûrement leurs pieds dans le bois ».

Mais Dieu avait en réserve les richesses de Sa grâce, pour ce pauvre gardien cruel et endurci. Et comme il était peu vraisemblable qu’il aille écouter l’Évangile, le Seigneur lui envoya l’Évangile ; et, bien plus, Il se servit du diable pour le lui envoyer. Le geôlier ne savait guère qui étaient ceux qu’il jetait ainsi dans la prison intérieure, et il ne se doutait pas de ce qui allait se passer avant qu’un nouveau jour se lève. Et nous pouvons ajouter que Satan savait peu ce qu’il faisait en envoyant les prédicateurs de l’Évangile en prison pour être là le moyen de la conversion du gardien. Mais le Seigneur Jésus Christ savait ce qu’il allait faire de ce pauvre pécheur endurci. Il peut tourner la colère de l’homme en gloire et empêcher le mal.

C’était Son dessein de sauver le geôlier ; et Satan, loin de faire échouer ce projet, fut, en fait, l’instrument de son accomplissement. Dieu dit : « Mon conseil s’accomplira, et je ferai tout mon bon plaisir » (Ésaïe 46:10). Et quand Il déploie Son amour envers un pauvre pécheur perdu et misérable, Il l’amènera au ciel, en dépit de toute la méchanceté et de la fureur de l’enfer.

En ce qui concerne Paul et Silas, il est tout à fait évident qu’ils étaient à leur place dans cette prison. Ils y étaient pour l’amour de la vérité, et c’est pourquoi le Seigneur était avec eux. Ainsi ils étaient parfaitement heureux. Bien qu’ils fusent enfermés à l’intérieur des sombres murs de la prison, avec leurs pieds fixés dans le bois, ces murs ne pouvaient pas entraver leurs esprits. Rien ne peut ôter la joie de celui qui a le Seigneur avec lui. Shadrac, Méshac et Abed-Nego étaient heureux dans la fournaise de feu ardent. Daniel était heureux dans la fosse aux lions. Paul et Silas étaient heureux dans la prison de Philippes : « Or sur le minuit, Paul et Silas, en priant, chantaient les louanges de Dieu ; et les prisonniers les écoutaient ».

Quels sons étranges sortaient de la prison intérieure ! Il est certain qu’on n’en avait jamais entendu de pareils auparavant. C’étaient des malédictions, des jurons, des paroles blasphématoires, des soupirs, des pleurs et des gémissements qui sortaient de ces murs. Mais entendre, à minuit, des paroles de prière et de louange devait sembler vraiment étrange. La foi peut chanter aussi mélodieusement dans une prison qu’à une réunion de prière. Peu importe l’endroit où nous nous trouvons, pourvu que nous ayons toujours Dieu avec nous. Sa présence illumine la cellule la plus obscure et transforme une prison en la porte même du ciel. Il peut rendre joyeux ses serviteurs où qu’ils soient et leur donner la victoire dans les circonstances les plus contraires. Il les fait chanter de joie dans des scènes où la nature humaine aurait été submergée de douleur. Mais le Seigneur avait Son œil sur le geôlier, Il avait écrit son nom dans le livre de vie de l’Agneau avant la fondation du monde, et Il allait le conduire maintenant dans la pleine jouissance de Son salut. « Et tout d’un coup il se fit un grand tremblement de terre, de sorte que les fondements de la prison furent ébranlés ; et incontinent toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous furent détachés » (v. 26).

Si Paul n’avait pas été en pleine communion avec la pensée et le cœur de Christ, il se serait sûrement tourné vers Silas en disant : « C’est le moment de nous échapper ; Dieu est manifestement intervenu en notre faveur et a placé devant nous une porte ouverte ; la providence a certainement placé cette occasion devant nous ». Mais non, Paul était mieux instruit. Il était en pleine communion avec les pensées de son Maître et il connaissait Son cœur. Ainsi il ne fit aucune tentative de fuite. Les exigences de la vérité l’avaient conduit en prison, l’activité de la grâce le fit rester là. La providence ouvrit la porte, mais la foi refusa de sortir. On parle d’être guidé par la providence, mais si Paul s’était laissé guider ainsi, le geôlier ne serait jamais devenu un joyau de sa couronne.

« Et le geôlier, s’étant éveillé et voyant les portes de la prison ouvertes, tira son épée et allait se tuer, croyant que les prisonniers s’étaient enfuis » (v. 27). Cela prouve, très clairement, que le tremblement de terre avec toutes les circonstances qui l’accompagnaient, n’avaient pas touché le cœur du geôlier. Il supposa naturellement, quand il vit les portes ouvertes, que les prisonniers s’étaient enfuis. Il ne pouvait pas les imaginer assis tranquillement en prison, alors que les portes étaient ouvertes et que leurs chaînes étaient déliées. Alors qu’adviendrait-il de lui si les prisonniers étaient partis ? Comment pourrait-il affronter les autorités ? Impossible ! Tout, mais pas cela ! La mort, même de sa propre main, était préférable.

Ainsi, le démon avait conduit ce pécheur endurci jusqu’au bord du précipice. Il allait lui donner le coup final et fatal pour le précipiter dans les flammes éternelles de l’enfer quand, voici, une voix d’amour retentit à ses oreilles. C’était la voix de Jésus, par la bouche de Son serviteur, une voix de tendre et profonde compassion : « Ne te fais point de mal ».

Ce fut irrésistible. Un pécheur endurci pouvait faire face à un tremblement de terre, à la mort elle- même, mais il ne pouvait pas résister à la puissance profondément bouleversante de l’amour. Le cœur le plus dur doit céder sous l’influence morale de l’amour. « Et ayant demandé de la lumière, le geôlier s’élança dans la prison, et tout tremblant il se jeta aux pieds de Paul et de Silas. Et les ayant menés dehors, il dit : ...que faut-il que je fasse pour être sauvé ?» L’amour peut briser le cœur le plus dur. Et certainement il y avait beaucoup d’amour dans ces mots : « ne te fais pas de mal », prononcés par celui qu’il avait traité si durement quelques heures auparavant.

Remarquons bien qu’il n’y avait aucun reproche, ni la moindre intention de blâme dans les paroles de Paul au gardien. C’était la manière de faire de Christ, le chemin de la grâce divine. Si nous examinons les Évangiles, nous n’y trouvons jamais le Seigneur faisant des reproches à un pécheur. Il a des larmes de douleur, des paroles touchantes de grâce et de tendresse, mais pas de reproches, pas de blâme pour le pauvre pécheur en détresse. Nous ne pouvons pas citer ici les nombreuses illustrations et les preuves de cette affirmation, mais il suffira au lecteur de se reporter au récit de l’Évangile pour en constater la vérité. Considérez le fils prodigue, le brigand : pas un mot de reproche ni envers l’un ni envers l’autre.

Le Seigneur agissait toujours ainsi ; de même aussi Paul, conduit par l’Esprit de Dieu. Pas une parole au sujet du rude traitement quand il les jeta dans la prison intérieure, pas un mot des chaînes.

« Ne te fais pas de mal », puis, « crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et ta maison !»

Telle est la riche et précieuse grâce de Dieu. Elle brille, dans cette scène, d’un éclat peu commun. Elle se plaît à prendre des pécheurs endurcis, à toucher et à subjuguer leur cœur dur, et à les conduire dans la vive lumière d’un plein salut. Et tout cela d’une manière qui Lui est bien particulière. Oui, Dieu a Sa façon de faire les choses, béni soit Son Nom ! Et quand Il sauve un misérable pécheur, Il le fait de telle sorte que cela prouve que Son cœur est tout entier engagé dans ce travail. C’est Sa joie de sauver un pécheur, même le plus grand, et Il le fait d’une manière digne de Lui-même.

Et maintenant, examinons le fruit de tout cela. La conversion du geôlier ne fait aucun doute. Sauvé alors qu’il était au bord de l’enfer, il a été amené dans l’atmosphère même du ciel. Préservé du suicide il a été conduit dans le cercle du salut de Dieu ; et les preuves de cela étaient aussi claires qu’on pouvait le désirer : « Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison. Et il les prit en cette même heure de la nuit, et lava leurs plaies ; et sur le champ il fut baptisé, lui et tous les siens. Et il les fit monter dans sa maison, et fit dresser une table ; et croyant Dieu, il se réjouit avec toute sa maison » (v. 32-34).

Quel merveilleux changement ! Le gardien impitoyable est devenu l’hôte généreux ! « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor. 5:17). Nous voyons clairement maintenant que Paul avait raison de ne pas se laisser guider par les circonstances ! Combien cela est meilleur et plus élevé d’être guidé par « l’œil de Dieu » ! Quelle perte éternelle cela aurait été pour lui s’il était sorti quand la porte s’est ouverte ! N’était-ce pas mieux de se laisser conduire dehors par la main même de celui qui l’avait jeté à l’intérieur ? Cette main qui avait été un instrument de cruauté et de péché est maintenant l’instrument de la justice et de l’amour. Quel triomphe magnifique ! Et en même temps, quelle scène !

Satan n’avait pas prévu une telle conséquence de l’emprisonnement des serviteurs du Seigneur ! Ses plans étaient complètement déjoués. La situation était absolument retournée contre lui. Il pensait entraver l’Évangile, et voici qu’il l’a aidé à avancer. Il avait espéré se débarrasser de deux serviteurs de Christ, et voilà qu’il perd un des siens ! Christ est plus fort que Satan ; et tous ceux qui se confient en Lui et agissent selon Ses pensées, participeront maintenant assurément aux victoires de Sa grâce, et brilleront sous l’éclat de Sa gloire pour toujours.

Voilà pour « le travail de l’évangéliste ». Telles sont les scènes qu’il peut avoir à traverser, tels sont les cas auxquels il peut être confronté. Nous avons vu le chercheur satisfait, le trompeur réduit au silence, le pécheur endurci sauvé. Puissent tous ceux qui avancent avec l’Évangile de la grâce de Dieu, savoir comment répondre aux divers types de personnes qu’ils peuvent rencontrer sur leur chemin ! Puisse-t-il y en avoir beaucoup qui se lèvent pour faire l’œuvre d’un évangéliste !

Charles Henry Mackintosh

145, Avenue du commerce, quartier Tshinsambi, commune de Kananga (Kasaï-Central, RD Congo)

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